Gomorra

Il y a quelques années, j’ai commencé à regarder la série qui suscitait un certain engouement à l’époque. D’aucuns qualifiaient cette série comme « exceptionnelle », « fascinante » ou encore « excellente ». N’avalant pas facilement de telles couleuvres, j’ai fait ma petite recherche sur les internet et, en effet, les avis sont plutôt unanimes : cette série a l’air de mériter ses louanges. Je veux bien évidemment parler de Gomorra. Je me suis donc dit que je ne prenais pas un grand risque en commençant à la regarder, que j’allais vite accrocher et apprécier.
Avant de continuer, je dois apporter une précision qui a toute son importance : à l’époque, à la suite des conseils d’un collègue, j’avais regardé d’une traite Sur écoute (The Wire en VO). Puis, j’ai tout de suite enchaîné sur Gomorra. Mais, hélas, quelle ne fut pas ma déception dès les premiers instants. Je n’avais pas du tout accroché et, fait relativement rare me concernant, surtout à l’époque, j’ai décidé d’arrêter le massacre au bout de trois ou quatre épisodes.
Aujourd’hui, 2020, vivant dans un monde qui connaît une crise mondiale due au Covid-19, j’ai beaucoup de temps à consacrer aux séries et films. Vivant en Tchéquie, j’ai la chance de pouvoir disposer de HBO GO et l’application, bien qu’étant très moyenne au niveau technique, dispose de deux atouts :
• L’excellente qualité des contenus proposé par HBO
• Elle intègre les notations de IMDB
Il y a également un top des séries suivant les notations IMDB. Et dans ce top, Gomorra est plutôt très bien noté. De surcroît, au détour d’un podcast, j’ai appris la sortie de Mille couleurs de Naples de Philippe Vilain. Tout ceci mis bout à bout a hautement éveillé ma curiosité. Et me suis-je dit : « Tiens, et si je donnais une nouvelle chance à Gomorra ».

Synopsis

La série est l’adaptation du livre du même nom sorti en 2006. Ce livre a été écrit par Roberto Saviano qui y connaît un rayon niveau mafia. Il est le père de nombreux articles dénonçant ce milieu.
L’action se situe à Naples où on suit les petites querelles entre deux pontes de la Camorra (la mafia napolitaine en gros) : Don Pietro Savastano et Don Salvatore Conte. Le premier a une belle femme répondant au nom de Donna Imma et un fils, un peu kéké sur les bords, Gennaro.
Don Pietro prenant de l’âge commencer à penser à sa succession qui doit revenir, en toute logique, à son fils. Mais, ce dernier n’étant pas vraiment prêt (c’est le moins que l’on puisse dire), il demande à l’un de ses fidèles soldats, Ciro Di Marzio, de prendre Gennaro sous son aile pour lui durcir un peu le cuir.
Devant gérer sa petite guerre avec Conte, Don Pietro devient imprudent et finit par atterrir en prison. Cela précipite quelque peu sa succession…

Ce qu’il y a de bien

On va commencer par le bon côté de la série : l’ambiance qu’elle instaure dès les premières minutes du premier épisode. Une ambiance très sombre, très « grunge » qui colle parfaitement avec le générique. Cela vient, selon moi, de la volonté de Saviano de dépeindre ce milieu comme quelque chose de crasseux, d’inconfortable. On peut limite sentir le métal dans la bouche en voyant le générique.
Saviano étant quelque peu expert en la matière, le monsieur sait de quoi il parle. Aussi, peut-on supposer que ce qui est dépeint dans la série sur la façon de fonctionner de la Comorra se rapproche peu ou prou de la réalité.

Ce qu’il y a de moins bien

La première chose qui saute aux yeux est le jeu pathétique des acteurs. Tout est tellement exagéré : leurs mimiques, leurs émotions, leurs costumes… Que ce soit Gennaro ou Ciro, l’un est le cliché parfait du kéké de base (mon seul étonnement étant de ne pas le voir roulé en véhicule tunning) et l’autre du parfait beau gosse rital, dur, fort (y a qu’à voir son surnom : l’immortel…). C’est vraiment trop, à tel point que cela frise avec le ridicule.
Idem avec le coup de la Donna Imma qui se veut vipère, au regard perçant et noir. Cela ne fait pas naturel du tout. En appuyant trop sur ces aspects, le personnage devient limite risible, c’est très dommage. La scène entre Gennaro et elle, juste avant son départ au Honduras et où il lui annonce avoir rompu avec Noemi, m’a mis tellement mal à l’aise. C’est d’un pathos sans nom.
Autre scène totalement ridicule est la roulette russe… Avait-on besoin d’en arriver là ? Pourquoi ? Ciro rencontre un grand mafieux russe (lui aussi : plus cliché, tu meurs) et devinez quoi ? Et bien, ils finissent par se faire une petite partie de roulette russe, parce qu’ils sont tous deux joueurs. Allons messieurs, un peu de dignité tout de même.

Il y a également un problème narratif : les événements sont très mal amenés. On sent bien la volonté de montrer les choses d’une certaine manière, mais on prend moins soin de savoir comment on les ficèle. Par exemple, dans l’épisode 7 où, après avoir menacé l’usurier, elle le fait tuer sur le toit de l’immeuble par l’un de ses sbires, aux côtés d’une des victimes… La mise en scène est catastrophique, mais elle n’est malheureusement pas isolée. Dans chacun des épisodes de la première saison on retrouve ce genre de scènes.

Dommage

C’est très rageant, car j’avais certaines attentes de cette série. J’ai mis ma première déception la concernant sur le compte de la transition quelque peu rude entre The Wire et cette série. En effet, il n’est pas facile d’apprécier une série à sa juste valeur après avoir vu un chef d’œuvre tel que The Wire. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu redonner sa chance à Gomorra. Mais, je dois me faire à l’idée que non, ce n’est pas pour moi…

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