Einstein et sa relativité restreinte

Il y a des jours où vous êtes assis à votre bureau, l’âme en compote, à compter les fissures du plafond en attendant la fin de l’après-midi. Puis il y a Albert Einstein en 1905, dans son trou à rat administratif de Berne, qui, lui, a réussi à faire craquer l’univers entier pendant ses heures de boulot. C’est l’histoire d’un type qui, au lieu de remplir des formulaires en triple exemplaire, a griffonné sur un coin de nappe les lois qui allaient pulvériser notre conception du réel.

Imaginez la scène : la fumée de pipe qui colle aux rideaux, l’odeur de vieux tampon encreur et de transpiration. Einstein, l’employé de troisième zone, rêvasse devant une horloge. Sauf que son rêvasse, à lui, ce n’est pas penser à ce qu’il va bouffer le soir. C’est se demander ce qui arriverait s’il chevauchait un rayon de lumière.

Le résultat ? Une claque cosmique. La relativité restreinte, ce n’est pas un truc pour esthètes en blouse blanche. C’est la physique du gars qui a compris que l’univers joue aux dés pipés dans l’arrière-salle d’un bar.

Dans notre premier épisode de « Que des conneries, Fantski ! », on a passé cette théorie au tamis de l’absurde et du vulgaire. On y explique, sans formule chiante, que :

1. La lumière est le seul vrai dur à cuire de la galaxie. Peu importe que vous lui couriez après ou que vous fuyiez devant, elle file à la même vitesse implacable. C’est le flic suprême de l’espace.

2. Plus vous approchez de cette vitesse, plus la réalité devient une mauvaise trip. Le temps se met à ramasser la poussière, votre masse gonfle comme un ego, et vous rétrécissez. Un voyage aller-retour pour Alpha du Centaure à cette allure, et vous revenez avec votre baguette de pain devenue fossile, tandis que vos petits-enfants ont votre âge.

3. Et puis il y a ce coup de pied au cul final : E = mc². Trois petits symboles qui disent que tout, absolument tout – votre tasse de café, votre chat, l’air que vous poussez – est une bombe d’énergie en sommeil. Einstein a trouvé le code-barres de la matière. Et il l’a fait entre deux rapports à classer.

Cet épisode, c’est l’histoire d’une des plus belles revanches de l’histoire. Celle du petit gratte-papier sans importance qui a regardé l’horloge universelle et lui a dit : « Toi, tu déconnes ». Il nous a laissé un monde où le temps est élastique, l’espace est courbe, et où les certitudes les plus solides ont la consistance d’une cuite de dimanche matin.

Écoutez l’épisode ici :

Spotify: https://creators.spotify.com/pod/profile/dmitri-fantski/episodes/Einstein-la-dit–Le-Temps–cest-de-la-merde-e3ddau2

Apple Podcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/que-des-conneries-fantski/id1867719759

PocketCast: https://pca.st/21dqk0ii

Youtube: https://youtu.be/hLRglvDj2Hc

Il dure un peu plus de trois minutes. Le temps de finir votre café et de comprendre que, peut-être, vos pires journées de bureau recèlent aussi un peu de génie en puissance. Ou pas. En tout cas, ça vous changera des conneries qu’on vous raconte d’habitude.

Alors, la prochaine fois que vous serez bloqué dans un métro qui sent le désespoir et le sandwich au thon, pensez-y : l’espace-temps autour de vous est peut-être en train de se tortiller dans tous les sens. C’est moins réconfortant qu’un chocolat chaud, mais infiniment plus drôle.

On a fait griller la physique, bu une bière avec Einstein, et tout raconté dans « Que des conneries, Fantski ! ». Abonnez-vous pour ne pas rater le prochain épisode, où on s’attaquera à un autre monument scientifique avec la subtilité d’un éléphant dans un bar.

Dmitri le forçat

Un vin aigre vint me chatouiller subitement mon gosier,
L’enivrement n’allait pas tarder à enjoliver cette foutue grognasse
Qui, en plus d’être conne, avait un don pour mal choisir ses godasses.
Bon Dieu, pourquoi faut-il que je me foute dans ce genre de merdier ?

Fuir ? Trop tard, ce n’est guère plus envisageable à ce stade.
En face d’elle, j’essaye de garder mon calme et j’écoute ses salades.
Je n’ai qu’une envie : vider cul-sec la bouteille de Chianti,
Mais si je fais ça, elle cessera de penser que j’suis un mec gentil.

Pas le choix, je l’écoute et j’affiche un sourire béat
En acquiesçant de temps en temps avec un signe de tête :
« Mais je suis totalement de ton avis ma Colette. »
Sauf qu’en réalité, son petit prénom, c’est Andréa.

« Oh la belle bourde, la grosse boulette » allez-vous me dire.
Comme si j’en avais quelque chose à faire de tout ça,
Mais ce n’est pas du tout le cas. On me choisit pour le pire,
Le meilleur en moi n’existe pas : je suis Dmitri le forçat.