anglais

Ce n’est que de la pure provocation.

il se faisait appeler
Wilson. il
détenait une concession de véhicules
aux abords de Londres.
il gagnait plutôt bien sa vie.
il n’était pas à plaindre,
mais il
lui manquait une chose essentielle
que tout homme
veut avoir : une femme.

un jour, alors qu’il
était convié à un repas
chez des amis, l’un d’eux,
John, lui promit : « Wilson,
mon pote, j’ai peut-être quelque
chose pour toi. »
il parlait de Chelsea, une veuve,
la bonne trentaine, qui s’entretenait
plutôt pas mal. c’était
une femme dotée
d’une grande classe et aux
bonnes manières.
une allure de diva
faisait qu’on
la remarquait partout
où elle passait.

le repas se passa
à merveille, les
blagues
fusaient et les échanges de regards
entre Wilson et Chelsea se
firent de plus en plus
fréquents au cours de la soirée.
ils firent ample
connaissance
au détour d’une cigarette et échangèrent
leurs numéros respectifs.

ils se revirent pendant
de longs mois et l’amour
fou commençait
à être partie
prenante de leur vie.
ils voyagèrent pas mal
et décidèrent même
de partager leur quotidien.

un soir, sur un coup de tête,
ils décidèrent de se fiancer.

les préparatifs furent
tout aussi brefs que leur
décision.

le jour de la cérémonie,
les quelques convives
furent plus qu’heureux
que Wilson se maria.

ils décidèrent d’aller dîner
dans un chic restaurant
en ville. chic, à ceci
près que les toilettes
étaient mixtes.

lorsque Wilson se
rendit aux toilettes,
suivi de Chelsea peu de temps
après,
les invités redoublèrent
d’ingéniosité pour faire
des blagues graveleuses.

lorsque celle-ci ouvrit
la porte
des toilettes, elle poussa un cri d’effroi :
Wilson était
en train de tailler une pipe
à l’un des serveurs du
restaurant.
elle commença à sangloter
et partit en courant
dehors…

le mariage était, naturellement,
annulé par la suite.
décidément, ces anglais
font tout de travers…

ameublement, clés & cadran

Château de Bran – Une autre époque…

Luis ouvrit ses
yeux et regarda le cadran de
son horloge murale. elle
affichait 3h27 du matin.

comme d’habitude, il
ne parviendrait sûrement pas à retrouver le sommeil.
des nuits perdues,
il en avait connu, des centaines
et des centaines.

mais il décida que celle-ci
n’allait pas en être une.
il appuya sur le petit bouton
de sa lampe
de chevet
et l’ampoule dégueula
sa lumière qui vint
illuminer sa chambre.

il contempla ce qui
l’entourait et arriva
à la conclusion que son ameublement
était d’une autre époque.

il se leva et enfila un pantalon
et un pull
assez épais.
il s’alluma une cigarette.

lorsqu’il l’eut
terminée, il prit ses clés
et sortit.

une douce fraîcheur
le réveilla davantage. il
regarda le ciel et vit
de somptueuses étoiles, bien étincelantes.
il
se dit qu’il devait
bien y avoir une vie là-haut,
quelque part.

puis, il se dirigea vers le parc
qui était à deux pâtés de
maisons de son domicile.
il voulait se balader.

la marche, cette envoûtante
berceuse pour les insomniaques…

demain serait une autre nuit.
un jour, il parviendra à trouver
le sommeil du juste… un jour, peut-être.

amende

Lucas avait un frère jumeau
dénommé Léo.

hélas, le destin s’ennuyant
et ne sachant pas trop
quoi faire
pour s’amuser, il
décida
d’ôter la vie à Léo.

cela s’était
passé
sur une autoroute
dans le sud de la
France.
Léo était infirmier
et avait terminé
son service tard dans
la nuit.
en rentrant chez lui,
il était en excès de vitesse
de 24 km/h

il s’était fait
flasher
et cela
l’a surpris et
son véhicule
a terminé sa route
dans la barrière
de sécurité.
il fut mort sur le coup.

lorsque sa femme a reçu
la contravention chez elle,
la photo de Léo était mémorable.
il était en train de se gratter la
tête au moment où il se fit
flasher.

douze ans plus tard,
Lucas emprunta la même autoroute.
il se fit également flasher
et au moment de payer l’amende,
il remarqua qu’il avait
exactement
la même position que son frère sur
la photo…

comme la technologie
a
le don de nous rappeler de douloureux
souvenirs…