Le fils de Satan

Ceci est la suite fictive de la nouvelle "Le fils de Satan" parue dans Le Ragoût du Septuagénaire de Charles Bukowski.

J’ai patienté ainsi durant de longues minutes qui me parurent durer une éternité. Je surveillais régulièrement l’arrivée prochaine de mon père. Néanmoins, la peur et la panique ne me gagnèrent pas. Je devais rester digne. Le chef de la bande, c’était moi.

J’entendis les pas lourds de mon père s’approcher. J’étais toujours au milieu du lit, mais je me suis approché du bord pour surveiller mon père. Je le vis tel un colosse, il tenait une clé à molette dans la main et semblait totalement fou de rage. Ses yeux brûlaient de colère.

« Sors de là, sale fils de pute ! », m’ordonna-t-il. J’ai roulé sur le côté pour me remettre à ma place initiale, au milieu du lit. Mais quand mon père se baissa, son bras était suffisamment long pour m’attraper. Ce qu’il fit. J’ai tenté, en vain, de lui asséner un coup de pied, mais il parvint à l’esquiver. Il m’agrippa de sa main droite et me tira. Je me retrouvais au milieu de ma chambre en une fraction de secondes.

J’étais au sol, il se mit debout et m’accueilli avec un coup de pied entre les côtés, ma respiration fut coupée.
Je tentai de me mettre debout, mais un coup de poing dans l’abdomen vint me remettre au sol.

« Je te tuerai dès que j’en aurai l’occasion, je le jure devant Dieu.

T’auras pas le temps pour ça.

Enfoiré. T’es le pire des pères. »

Il saisit la clé à molette qui gisait sur le sol et m’assena un violent coup au niveau des côtes. Une douleur extrême me gagna. J’étais sûr qu’une cote était fêlée. La douleur était insupportable. Les larmes commencèrent à me monter aux yeux. Mais il n’allait pas avoir le privilège d’avoir mes supplications. Ah ça, non. Un chef de bande se doit de mourir debout.

Il tournait autour de moi tel un catcheur et, avec l’adrénaline, je parvins à me mettre debout. Je vacillais, mais tentai tout de même de lui décrocher une droite au niveau du menton. Il esquiva le coup et je tombais à la renverse.

De nouveau au sol, il m’envoya deux coups de pieds, un dans le dos et l’autre dans le thorax. J’avais du mal à respirer. Je commençai à cracher du sang. La douleur devenait vraiment insupportable. J’étais à deux doigts de tomber dans les pommes.

La colère de mon père ne semblait cependant pas décroître. Son visage commençait à s’empourprer.
« Mon fils ne sera jamais un voyou. Je préfère le tuer de mes propres mains plutôt qu’il devienne un voyou. »

Là-dessus, j’entendis la porte d’entrée s’ouvrir. C’était probablement ma mère qui venait de rentrer. Je puisai dans mes dernières forces pour crier et l’appeler afin qu’elle me vienne en aide.
D’un pas précipité, elle arriva dans la chambre et dit « Mais qu’est-ce qu’il se passe ici, nom de Dieu ?

Ce qu’il se passe ? Demande à TON fils ce qu’il se passe !

Mais, enfin, tu vas le tuer, arrête ça !

Ce sera peut-être mieux comme ça. »

Ma mère vint s’interposer entre mon bourreau de père et moi. Elle l’intima de s’arrêter. Mais sa colère semblait l’avoir rendu fou.
Elle alla saisir le téléphone, puis appela la police. Entre temps, mon père m’avait gratifié des quelques coups supplémentaires, je commençai à voir flou. Je tournais de l’œil.
La police arriva au bout d’une vingtaine de minutes. Mon père s’était quelque peu apaisé. Il était sorti de la chambre pendant que ma mère me tenait dans les bras et pleurait. Les pompiers étaient également arrivés et je fus pris en charge immédiatement.

Mon père fut embarqué par les flics et il passa la nuit en garde à vue.

Je fus soigné et à mon grand étonnement, je n’avais aucune cote fêlée.

Je n’ai pas revu mon père depuis ce jour. Je savais seulement qu’il avait fait de la prison pour ce fait. Ma mère avait demandé le divorce dans la foulée.

Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de le revoir pour lui faire son affaire. J’ai grandi. J’ai pris du muscle et pratique des sports de combats uniquement pour ça…

La RechercheV vers la gauche

Contexte

La RechercheV permet de rechercher des données dans un tableau en renvoyant vers une colonne toujours située à droite.

Par exemple, si on souhaite savoir à quel nom correspond le numéro de client 282655, grâce à une RechercheV, on déterminera qu’il s’agit du client Bastra.

Mais qu’en est-il si on souhaite avoir le numéro client de Castero ? En effet, la RechercheV permet le renvoie d’une valeur uniquement située dans une colonne située à droite.

Je vais vous présenter ici trois méthodes :

  • Méthode A – Méthode Manuelle
  • Méthode B – Compilation de deux formules (fonctionne sur toutes les versions d’Excel)
  • Méthode C – Méthode moderne (uniquement sur Microsoft 365)

Méthode A – Méthode Manuelle

Dans cette méthode, on va copier la colonne A et la coller dans la colonne C. Ce faisant, on aura la colonne de résultat (numéro client) à droite de la colonne de la valeur recherchée (Nom) :

On peut donc maintenant faire notre RechercheV classique, mais en sélectionnant le tableau de la colonne B et C :

Cette méthode est simple, mais n’est pas du tout pratique. En effet, supposez que vous ayez une grande quantité de données. Ou alors que les données de la colonne A proviennent d’une source externe.

Méthode B – Compilation de deux formules

Cette méthode permet de pallier l’absence d’une « RechercheV vers la gauche » sur certaines versions d’Excel. Elle a donc l’avantage de fonctionner sur toutes les versions (donc, si vous préparez un fichier pour un collaborateur, il pourra pleinement l’utiliser, peu importe la version de son Excel).

On va donc compiler la formule INDEX (permet d’indiquer une valeur au croisement d’une ligne et d’une colonne) et EQUIV (une sorte de recherche simple d’une valeur).

On aura donc :

Cette formule, bien qu’un peu plus complexe que celle qu’on va voir dans la méthode C, fonctionne très bien et sera exploitable sur toutes les versions d’Excel.

Méthode C – La RechercheX

Avec Microsoft365, la firme américaine a réalisé le rêve de nombreux utilisateurs d’Excel, elle a apporté enfin la « RechercheV vers la gauche » : voici la RechercheX.

Dans sa structure, la RechercheX fonctionne comme une RechercheV, à l’exception qu’on distingue la colonne de la valeur recherchée et la colonne de résultat.

Ainsi, dans notre exemple, on aura :

Vous pouvez récupérer le fichier ici :

N’hésitez pas de me faire part de vos commentaires et remarques. Et si vous avez des questions, n’éhsitez pas à les poser en commentaire.

Animal

avec Hélène, même si
cela ne faisait que
quelques mois que
nous étions ensemble,
c’était
vraiment l’amour
fou entre nous.
d’autant plus que
nous partagions un
amour incommensurable
pour les animaux.

nous ne voulions
pas perdre de temps,
aussi décidâmes-nous d’emménager
ensemble très rapidement.

Hélène faisait
ce que font toutes les
femmes lorsqu’elles
veulent quelque chose :
elle ne cessait de
me rabâcher tout le temps
le même discours.
n’étant pas plus con
que la moyenne,
je compris bien assez vite
qu’elle voulait qu’on se prenne un animal.

ayant mené ma petite enquête,
je compris qu’elle avait
un certain penchant pour les chevaux.

mon pote Louis
connaissait quelqu’un
qui pouvait me dégoter ce que
je cherchais.

ainsi, deux semaines plus tard,
je fis la surprise à Hélène…
mais sa réaction n’était pas celle
escomptée.

« mais t’es complètement
abruti ou quoi ? on vit dans un appart’,
quand je parlais d’animal
de compagnie, je pensais
à un chien ou un chat, nom de Dieu ! »
elle avait visiblement marqué un point…
c’est dur de cerner
les désirs des femmes, n’est-ce pas ?

Fifa

Ceci n’est pas une bite

Chaque année, c’est la même chose, l’histoire se répète,
On craque nos doigts on et on sort les manettes.
Pourquoi ? Parce qu’il y a la sortie du tout nouveau Fifa,
On prépare cinquante euros et on file au magasin fissa.

C’est toujours la même chose : aucune nouveauté, rien de tout ça,
Et comme toujours, on se fait la promesse qu’on ne l’achètera pas,
Mais avec le froid et les week-ends pleins de pluie,
Il est le remède salvateur pour vos soirées entre amis.

On allume la console et on insère délicatement le disque dans la fente,
Lorsque retentit « EA Sport, It’s in the Game », l’excitation augmente.
Le moment est venu de choisir son équipe favorite, celle qui nous a plu,
L’adversaire fait son choix et à compter de là, l’amitié n’existe plus.

Faire sa compo est hautement stratégique, c’est un instant crucial,
Choisir le bon attaquant, le bon milieu et le bon défenseur central
Aura une importance jusqu’à l’ultime minute du temps réglementaire,
Sur console, ce sont les joueurs qui donnent la victoire et non Sepp Blatter.

Lorsque les filets tremblent, la joie est pure, elle est immense,
Alors que l’adversaire est envahi d’une tristesse que rien ne panse.
Il lui faut impérativement revenir au score le plus vite possible,
Sinon il sera la risée et des moqueries de ses potes, il sera la cible.

Un but, deux buts, trois buts à zéro et c’est le PLM,
C’est le fiasco pour l’adversaire mais c’est ce qu’on aime.
La victoire compte, mais plus importante est la distraction,
Alors ramenez-moi Soares pour que je lui détruise le fion.

Automatisation des dotations aux amortissements

Préambule

Lorsqu’un bien est acquis par une entreprise, elle a la possibilité de mettre ce bien à l’actif de son bilan (et ainsi, ne pas prendre la totalité de la charge sur l’exercice).
Le bien doit, en réalité correspondre à une certaine définition pour ce faire. Nous allons faire ici abstraction de ces règles et n’allons nous focaliser que sur l’aspect technique du calcul de ce qu’on appelle « dotations aux amortissements ».
De surcroît, on ne va parler que des amortissements linéaires et non des amortissements dégressifs.

Dotations aux amortissements : kezako ?

Les règles comptables permettent, pour certains biens, de n’impacter le compte de résultat qu’au prorata de l’utilisation de ces biens (sur une durée prédéfinie). Prenons un exemple : Une entreprise achète une machine A 500 000€ qu’elle estime utiliser 5 ans. Ainsi, on aura, durant chaque année d’utilisation 500 000 / 5 = 100 000€ qui seront passés au compte de résultat par un jeu d’écritures comptables.

OK, mais si on achète le bien en cours d’exercice ?

Très bonne question, en effet. Car si l’on achète un bien au mois de décembre 2020, il serait injuste qu’on prenne le même montant sur l’exercice 2020 que sur l’exercice 2021.

C’est là qu’intervient une notion au nom barbare : le prorata temporis. Cela signifie simplement que l’on va fractionner ce montant en fonction du nombre de mois (ou de jours) sur l’exercice où le bien a été acheté.

Reprenons notre exemple précédent : supposons que le bien a été acquis au mois d’octobre 2020. On aura sur l’année 2020 un montant de 500 000 / 5 x 3 / 12 = 25 000€ . 3 / 12 car d’octobre à décembre, il y a trois mois (en comptant octobre inclus).

Le fichier Excel de calcul

Le fichier est très simpliste, il contient deux onglets : le premier servant à indiquer la date de clôture et le second contient le détail des immobilisations avec les calculs.

Vérifions par exemple le Logiciel C :

Le logiciel a été acquis le 13/10/2018 pour un montant de 2 000€. Sur l’année 2018, il a donc été utilisé du 14/10 au 31/12/2018, soit 79 jours. Le montant de la dotation sur 2018 est donc de 2 000 / 3 x 79 / 365 = 144,29€. Dans le fichier on a 144,44€ en amortissement antérieur, c’est donc correct.

Et donc, pour l’année 2019, on a 2 000 / 3 = 666,67€.

Le fichier de travail est à récupérer ici :

Le Diable

Photographie d’une autre époque

Je ne me rappelle pas exactement l’âge que j’avais à l’époque. Peut-être dans les dix ans, quelque chose comme ça. J’étais en France depuis trois ou quatre ans. Je retournais, à l’époque, tous les étés en Roumanie, mon pays natal. C’était plutôt cool, jeune, j’adorais y retourner. Je vivais comme un pacha, on m’appelait le « Français », alors qu’en France je n’étais rien de plus que le « Gitan ».

J’avais encore pas mal de famille à l’époque qui était restée en Roumanie. C’était ensuite qu’une vague de départ avait eu lieu. Mes parents et moi étions parmi les premiers à avoir quitté la Roumanie pour aller vivre en France. Aussi, lorsque j’y retournai chaque année, j’étais content comme un parieur ayant misé sur un outsider. J’y retrouvais des oncles, des tantes, des cousins et des cousines. Bref, vous avez pigé, c’était plutôt cool.

J’adorais passer du temps avec mon cousin Bastien. C’était un chic type à l’époque. Maintenant, il est marié et a même une fille. Les choses ont changé.
A l’époque, on marchait des kilomètres pour aller dans un bled où il y avait un coiffeur, des magasins de vêtements et il y avait même une pizzeria. Avec les quelques euros que mes parents me filaient, nous étions les rois du pétrole. C’était cool, je veux dire, c’était vraiment cool cette époque.

Je me souviens d’une fois où, après avoir mangé une grosse pizza à deux, mon cousin avait eu l’idée d’aller se faire coiffer et de se faire deux traits au niveau de sa tempe gauche. Sur le chemin du retour, par un cagnard improbable, un véhicule s’arrêta à notre niveau. C’était le prêtre du village. Il avait reconnu Bastien. Nous étions, par un pur hasard, juste devant une espèce de club de strip-tease. Le hasard fait parfois mal les choses.

« Que Dieu vous bénisse les mômes. Qu’est-ce ce que vous faites là par ce temps ? Vous allez avoir un malaise.

Euh… Bonjour mon Père, bafouilla mon cousin. Bah on était en ville et là on rentre.

A pieds ? Vous êtes fous ? Allez, montez.

Merci mon Père, répondîmes-nous en chœur. »
C’était sympa parce que la route qu’il nous restait était encore longue. Mais notre réputation en eut pris un coup. Nous étions désormais catalogués comme les deux gamins qui rodaient autour des clubs de strip-tease.
Depuis ce temps, nous ne rodons plus aux alentours, nous les visitons. Mais ça, c’est une autre histoire.

Bref, avec mon cousin, nous voulions un truc pour nous amuser. Il connaissait un vieux du village qui voulait donner des petits chiots. Aussi décidâmes-nous de nous rendre chez lui pour voir ce qu’il en était.

« Bonjour M’sieur, z’avez des chiots à donner ?

Bonjour les mômes. Oui, précisément. Vous voulez les voir ?

Oh oui, ce serait super chouette. N’est-ce pas Dmitri ?

Oh pour sûr m’sieur. Pour sûr. »

Nous suivîmes ce vieux monsieur vers une espèce d’étable où étaient entreposés, en plus d’une vache et d’un cheval, cinq petits chiots dans un minuscule enclos.
Petite aparté, lorsque j’étais jeune, j’avais toujours vu une vache et un cheval dans l’étable. Aussi, il était tout à fait naturel pour moi de penser que le cheval était le mâle de la vache. Bon sang que je pouvais être naïf à cette époque.

Tous les chiots étaient tous plus mignons les uns que les autres. Nous voulions tous les prendre, mais savions pertinemment qu’il s’agissait d’une terrible idée.
Le vieux nous laissa quelque temps avec les chiots pour qu’on prenne le temps de nous décider. Nous nous mîmes d’accord sur une petite boule de poils de couleur marron et blanc. Il était terriblement mignon.

Nous fîmes part de notre choix au vieux mais il nous expliqua qu’un problème se présentait.
« Ah ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

Il est encore trop petit. Mais dans une semaine et demie ou deux, il est à vous.

Ah ! » fîmes-nous l’air triste.

Tant pis, nous rebroussâmes chemin et nous dirigeâmes vers le domicile de mon cousin. Comme nous n’avions pas vu le temps passer, il faisait déjà presque nuit. Enfin, je veux dire, vraiment nuit, pas comme à Paris où on a du mal à distinguer le jour de la nuit tellement c’est éclairé.

Heureusement mon cousin connaissait les chemins comme sa poche et nous nous dirigeâmes à pas de course vers chez lui. Aucun de nous deux n’osa avouer que nous avions la trouille. Pourtant, cela se voyait que nous avions les chocottes tous deux.

Nous avions un sacré challenge à franchir. En effet, la maison de mon cousin était bordée par deux cimetières : l’un pour les orthodoxes et l’autre pour les catholiques. Non pas que nous crûmes à toutes ces sottises de morts-vivants ou quoi, mais bon, il y a meilleur endroit pour se balader la nuit qu’un cimetière.

Lorsque nous fûmes aux abords du premier cimetière, celui des catholiques, il faisait noir comme pas possible. Seule la lune nous délivrait son peu de lumière. Pourtant, nous vîmes un type venir en notre direction. Plus il s’approchait, plus j’avais les chocottes. Mon cousin aussi, mais il ne me l’avoua que bien plus tard.

Lorsqu’il fut qu’à quelques mètres, nous vîmes qu’il portait un vélo sur ses épaules. Nous nous regardâmes avec mon cousin et fronçâmes les sourcils.

Il était maintenant à notre niveau, mais nous ne parvînmes pas à distinguer son visage, encore moins à l’identifier. Mon cousin et moi dîmes : « Bonsoir m’sieur ! », mais le type n’eut aucune réaction et nous eûmes aucune réponse. C’est comme s’il ne nous avait pas vu.

Peu importait, nous continuâmes notre route, accélérant le pas de plus en plus vite. Encore une fois, ni mon cousin, ni moi voulions montre un quelconque signe de frayeur, à cet âge, la dignité était quelque chose de très important. Enfin…

Nous nous regardâmes avec mon cousin, puis prîmes tout notre courage entre nos mains pour nous retourner et voir où était le type.

Nous pivotâmes et, bon Dieu, le type s’était évaporé. Il avait tout bonnement disparu. Nulle trace de lui. C’était tout simplement impossible. Il n’avait nulle part où aller. L’entrée du cimetière était fermée, aucune habitation aux alentours et la route ne permettait pas de bifurquer.

Nous nous regardâmes de nouveau mon cousin et moi et, ni une, ni deux, il prit ses jambes à son cou et couru comme un dératé. Je fis de même, toute dignité mise de côté, mais mon cousin était plus athlétique que moi, il courait vite ce con. Je tentais désespérément de suivre son allure mais il allait trop vite.

Il prenait de plus en plus de distance sur moi, j’avais les larmes aux yeux, mais je ne pouvais pas pleurer, j’estimais ne pas être une lopette, tout de même.

Bastien était évidemment arrivé avant moi chez lui et lorsque je l’y rejoignis, nous étions essoufflés comme pas possible. Nous nous contentâmes de nous regarder sans rien dire et rentrâmes chez lui.

Lorsque nous eûmes repris nos esprits, il osa : « Tu te rends compte mec, on vient de croiser le Diable.

Ouais.

Ouais. »

Nous allâmes nous coucher sans même regarder la télé. C’était quelque chose.

Sur un lit d’hôpital

Je ressors de l’hôpital Casanova. Un si joli nom pour un lieu si sordide. Je suis allé visiter ma mamie. Ma mamie a un satané cancer : celui du pancréas ; l’un des pires selon les dires des spécialistes.
Une chose est sûre : ma mamie est sacrément mal en point. Elle a été placée dans une unité de soins palliatifs… j’ignorais de quoi il s’agissait réellement. Je me suis renseigné via ce cher ami qu’est Google.
Les soins palliatifs sont les services où l’on stocke les patients qui sont sur la fin. Sur la fin de quoi ? Sur la fin de leur vie, évidemment.
C’est ce qui m’a tout de suite marqué lorsque j’ai aperçu ma mamie : ses yeux ne dégageaient rien d’autre que le néant. Ils étaient vides, la vie les avait quittés. Il n’y a guère plus cette lueur, cette douceur qui entoure la rétine et qui rend les yeux si beaux, qui rend les regards de certaines personnes si délicieux. Non, dans les yeux de ma mamie, on ne voyait guère plus que le vide. Le vide et la souffrance.
Le cancer se nourrit de ses entrailles et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Les médecins tentaient de le repoussait à base de rafales de chimiothérapie et autres médicaments, mais il semblait indestructible. Elle souffrait, il gagnait du terrain. Son seul moment de répit était lorsqu’un afflux de morphine venait se mélanger à son sang.
J’étais dans la chambre avec le frère de ma grand-mère et ma propre mère. Ô maman ! Tu en as vu des êtres chers sur un lit d’hôpital… mais quelle souffrance infinie que de voir sa propre mère dans cet état. Je doute réellement qu’il existe une personne sur cette Terre qui soit aussi forte mentalement que ma maman. Même dans les pires situations – et elle en a connu, je peux vous l’assurer – elle a su garder sa foi infaillible.
Nous étions tous les trois autour du lit qui supportait le poids de ma grand-mère, nous lui caressions les avant-bras pour qu’elle sente un peu de réconfort, ce réconfort du contact chaud d’une main qui nous caresse. Nous tentions de lui faire oublier quelque peu sa terrible souffrance. Mais nous n’étions pas dupes, nous voyions bien que nous étions impuissants face à ce satané cancer. Nous avons, donc, fait ce que toute personne de foi ferrait : nous avons commencé à prier.
Lorsque l’esprit d’un Homme ne parvient pas à résoudre un problème insoluble, il s’en remet bien souvent à Dieu. C’est précisément ce que nous fûmes : nous tentâmes, par l’intermédiaire d’un appel à l’aide désespéré auprès de Dieu, d’apaiser ne serait-ce qu’un peu ses souffrances.
Lorsque nous eûmes terminé, elle s’était endormie. Elle semblait apaisée ma mamie.
Cela déchire le cœur de voir un être que l’on aime sur un lit d’hôpital… elle est dure la vie sur un lit d’hôpital… Ce satané cancer, je ne le souhaite pas même à mon pire ennemi.
Profitez de vos proches et donnez-leur tout l’amour du monde. Profitez de la vie… pendant qu’il en est encore temps.

anglais

Ce n’est que de la pure provocation.

il se faisait appeler
Wilson. il
détenait une concession de véhicules
aux abords de Londres.
il gagnait plutôt bien sa vie.
il n’était pas à plaindre,
mais il
lui manquait une chose essentielle
que tout homme
veut avoir : une femme.

un jour, alors qu’il
était convié à un repas
chez des amis, l’un d’eux,
John, lui promit : « Wilson,
mon pote, j’ai peut-être quelque
chose pour toi. »
il parlait de Chelsea, une veuve,
la bonne trentaine, qui s’entretenait
plutôt pas mal. c’était
une femme dotée
d’une grande classe et aux
bonnes manières.
une allure de diva
faisait qu’on
la remarquait partout
où elle passait.

le repas se passa
à merveille, les
blagues
fusaient et les échanges de regards
entre Wilson et Chelsea se
firent de plus en plus
fréquents au cours de la soirée.
ils firent ample
connaissance
au détour d’une cigarette et échangèrent
leurs numéros respectifs.

ils se revirent pendant
de longs mois et l’amour
fou commençait
à être partie
prenante de leur vie.
ils voyagèrent pas mal
et décidèrent même
de partager leur quotidien.

un soir, sur un coup de tête,
ils décidèrent de se fiancer.

les préparatifs furent
tout aussi brefs que leur
décision.

le jour de la cérémonie,
les quelques convives
furent plus qu’heureux
que Wilson se maria.

ils décidèrent d’aller dîner
dans un chic restaurant
en ville. chic, à ceci
près que les toilettes
étaient mixtes.

lorsque Wilson se
rendit aux toilettes,
suivi de Chelsea peu de temps
après,
les invités redoublèrent
d’ingéniosité pour faire
des blagues graveleuses.

lorsque celle-ci ouvrit
la porte
des toilettes, elle poussa un cri d’effroi :
Wilson était
en train de tailler une pipe
à l’un des serveurs du
restaurant.
elle commença à sangloter
et partit en courant
dehors…

le mariage était, naturellement,
annulé par la suite.
décidément, ces anglais
font tout de travers…

Eclat d’étoile

Selfist.

À des années-lumière, une étoile à neutron
s’est fissurée et à dispersée des morceaux
dans tous les sens, dans toutes les directions,
mais c’est sur Terre qu’a atterri le plus beau.

De la poussière d’étoile du firmament
m’enlace le cœur et l’embrasse tendrement
Afin de me faire oublier à moi, Didi
la tristesse et fadeur de ce monde maudit.

On se tourne autour, on se jauge, on se défit
pour apprendre à se connaître et mettre à profit
le temps qu’il nous reste avant le boulevard
de la fin, avant de plonger dans le trou noir.

Vraiment proches, le cataclysme interstellaire
semble inévitable, mais commence à me plaire,
Une fois unis, prendra place un grand roi,
Il faut toujours être deux pour faire trois.

L’horizon des événements me préoccupe,
une fois franchi, aucun retour en arrière
n’est possible, c’est simplement un préambule,
une éternité à nous, voilà ma prière.

Folie

Prendre de la hauteur.

Les premiers photons de lumière virent me baiser le visage aux aurores, ce qui eut pour immédiate conséquence de me réveiller. Déboussolé, je levai ma tête et regardai autour de moi. J’étais au beau milieu d’un champ lexical. « Où suis-je ? La levrette est-elle la femme du lièvre ? » furent les deux premières questions qui me virent à l’esprit.


Dieu soit loué, j’entendis le bruit de véhicules qui passaient au loin. La civilisation était proche. Aussi, me devais-je de prendre la direction opposée. Il est important de savoir où l’on va, surtout quand on ignore totalement d’où l’on vient et que l’endroit dans lequel on se trouve n’a pas le moindre distributeur Selecta. Savoir où l’on va ne suffit pas, il est important de vérifier qu’on s’est acquitté du prix du billet pour pouvoir voyager jusqu’au bout, n’est-ce pas ? Personnellement, je suis resquilleur de maire en fils et faire la plonge ne m’a jamais posé de problème, à condition qu’il ne faille pas que je mette mon tee-shirt à l’envers.
Arrivé à bon porc, je commençais à tailler le bout de gras avec un phalène qui ne cessait de me taquiner, s’imaginant sans doute que j’étais une truffe. Il volait pour vivre m’a-t-il dit, je trouvai cela d’une désobligeance sans égale et ne trouvai rien de mieux à lui répondre que je vivais pour voler. Tout ceci n’avait ni queue, ni tête et parmi les femmes, d’aucunes pensaient que je n’étais qu’un cochon qui avais l’appât de leur lait maternel. Je n’étais, naturellement, pas d’accord avec tout cela, car il m’était évident que je vivais pour la Mère Patrie et que je mourrai pour la Mère Patrie.


Lassé, je fis mes adieux au lépidoptère et il me souhaita bon vent. J’ignorai toujours où j’allais. Mais comme disait mon père : « si tu ne sais pas d’où tu viens, regarde où tu vas »… ou alors l’inverse, je ne suis plus aussi sûr, des bribes spirituelles s’étaient perdues sur le chemin de ma vie.
Alors où allai-je ? Alors où vais-je ? Allez, venez ! Je vais vous emmener avec moi à la sublime colline des jours heureux, où on se gavera de cookies astraux tout en faisant passer nos joyeuses peines à coup de gorgées de vin de la jeunesse. Le temps panse tout, on n’y pense pas assez et quand on s’en rend compte, il est, hélas, bien trop tard pour en profiter. La jeunesse s’en va, le vin reste ici, on ne veut plus de bonbons, on veut que des morts ressuscitent.


De quel droit ? De quel droit mes êtres chers s’en sont-ils allés ? De quel droit m’ont-ils laissé ici ? Seul et dépourvu de toute distraction, souffrant de sévères carences affectives. De quel droit ? L’amour s’en va et il revient, il revient sans cesse, mais sans cesse affaibli tel le soldat après avoir passé des mois au front. Front, j’y faisais à l’amour, jusqu’à l’instant où son regard se plongea dans le mien et que plus rien n’avait dès lors d’importance. Mais qui suis-je pour parler d’amour après tout ? Ce sentiment d’une noblesse à toute épreuve qui n’a d’égal que le diabète jusqu’à ce que l’on en vienne à sucrer les fraises. L’amour est beau, l’amour est grand, l’amour fut cher à vos parents, mais qu’en avez-vous fait, parias que vous êtes ? Qu’en ai-je fait, d’ailleurs ? Où est-il mon amour ? Où qu’il soit, je le traquerai comme Bryan Mills et lui ferai sa peau avec des fleurs, j’arriverai et lui dirai : « N’a-t-on pas le droit à une seconde quinzième chance ? ». Ce à quoi il répondrait par un haussement d’épaules qui en dirait long… très long.


Alors bientôt, le tic-tac de l’horloge sonnera le glas du voyage et celui-ci commence généralement bien, mais finit toujours mal. Quand on regarde dans le rétroviseur du passé, que reste-t-il si ce n’est des souvenirs disloqués imbibés d’une folie ? Ordinaire est la mienne et je ne vous ai rien conté de spécial. Mais après tout, qui est le fou ? Moi ou le lecteur qui s’est rendu compte que tout ceci n’avait de sens dès le départ, mais qui a poursuivi sa lecture ? Alors ? Voulez-vous bien éclairer ma verte lanterne ?