1904 : Autopsie du marathon le plus déjanté de l’histoire de l’humanité

Vous êtes là, assis confortablement derrière votre écran propre, à boire un café hors de prix en pensant que le monde moderne est d’une violence inouïe. Laissez-moi vous dire une chose : vous n’avez aucune idée de ce dont les hommes sont capables quand on les lâche dans la poussière avec un ego surdimensionné et une absence totale de bon sens.

L’épisode 10 du podcast était court, parce qu’à la radio, il faut faire vite avant que l’auditeur ne change de crèmerie. Mais ici, sur ce blog, on a le temps. On a le temps de disséquer la viande, de regarder les asticots de l’Histoire de près. Prenez une chaise, décapsulez une bière tiède, et plongeons ensemble dans les archives crasseuses du marathon des Jeux Olympiques de Saint-Louis de 1904. Un événement qui tient plus du rapport d’asile psychiatrique que de la chronique sportive.

Le décor : Une foire internationale et un sadique en chef

Pour comprendre ce fiasco, il faut d’abord piger le contexte. En 1904, Saint-Louis (Missouri) accueille la Louisiana Purchase Exposition, une de ces gigantesques Foires internationales où l’Occident venait afficher sa prétendue supériorité technologique et coloniale. Les Jeux Olympiques de 1904 n’étaient qu’un faire-valoir, une attraction secondaire perdue au milieu des machines à vapeur, des pavillons anthropologiques douteux et de la friture.

Au sommet de la pyramide des officiels, on trouve un homme : James Edward Sullivan.

Portrait rapide de James Sullivan : 

  • Chef du département de culture physique de la foire.
  • Ego de la taille du Texas.
  • Obsédé par des théories pseudo-scientifiques sur l’endurance.

Sullivan avait une théorie bien à lui : il pensait que la « déshydratation forcée » permettait d’endurcir le corps humain. Pour tester son hypothèse de savant fou, il a tout simplement décidé de limiter drastiquement l’accès à l’eau pour les coureurs du marathon. Sur un parcours de 40 kilomètres (24,85 miles), sous un soleil de plomb et par une température de 32°C à l’ombre avec un taux d’humidité à faire étouffer un alligator, il n’y avait que deux points d’eau. Le premier au kilomètre 10, qui était en fait une tour d’eau qui ne faisait pas partie de l’organisation. Le second, officiel quant à lui, au kilomètre 19. C’est tout. Pour le reste ? Démerdez-vous. Crevez.

Pour ajouter un peu de piment à ce meurtre avec préméditation, le parcours n’était pas goudronné. C’était une succession de pistes en terre battue, de collines abruptes (sept au total, avec des pentes de 10 à 15%), et de routes poussiéreuses où roulaient les voitures des officiels et des journalistes. Chaque bagnole soulevait un nuage de poussière de craie tellement dense que les coureurs ne voyaient pas à deux mètres et s’explosaient les poumons à chaque inspiration.

La Cour des Miracles sur la ligne de départ

Le 30 août 1904, à 15h03, le coup de feu retentit. Trente-deux hommes s’élancent. Parmi eux, une poignée de professionnels, mais surtout une collection de marginaux, de poivrots et d’opportunistes qui passaient par là.

Félix de la Caridad Carvajal y Soto (Andarín Carvajal)

Ce type est mon héros. Un facteur cubain de 29 ans, minuscule, qui avait financé son voyage jusqu’aux États-Unis en faisant des démonstrations de course à pied à travers Cuba. Arrivé à la Nouvelle-Orléans, il perd tout son pognon aux dés dans un tripot. Il traverse le pays en stop et en mendiant pour arriver à Saint-Louis le jour de la course.

Il se pointe sur la ligne de départ en chaussures de marche de ville, avec un pantalon long, une chemise à manches longues et un béret. C’est un autre athlète américain, pris de pitié, qui lui coupe les jambes de son pantalon au niveau des genoux avec une paire de ciseaux pour lui éviter de mourir d’hyperthermie avant le premier kilomètre.

Len Taunyane et Jan Mashiani

Ce sont les deux premiers athlètes noirs africains à participer aux Jeux Olympiques. Le problème, c’est qu’ils n’étaient pas venus à Saint-Louis pour les JO. Ils faisaient partie du pavillon sud-africain de la Foire internationale, engagés pour rejouer des scènes de la guerre des Boers dans un spectacle grand public. Ils ont couru pieds nus.

Les Américains du monde d’en bas

T’avais aussi Fred Lorz, un maçon de New York qui s’entraînait la nuit après ses chantiers, et Arthur Corey, un briseur de grève professionnel qui aimait visiblement autant la castagne que la course à pied.

Chronique d’un massacre à ciel ouvert

Dès les premiers kilomètres, le piège de Sullivan se referme. La poussière des bagnoles tapisse l’œsophage des coureurs.

Le cas clinique de William Garcia :

Ce coureur californien a été retrouvé effondré au milieu de la route, inconscient. La poussière soulevée par les voitures avait formé une croûte de boue dans son estomac, provoquant une déchirure de la paroi stomacale et une hémorragie interne massive. S’il avait passé une heure de plus sur la piste sans secours, il crevait étouffé par son propre sang.

Pendant ce temps, devant, ça triche et ça survit comme ça peut.

L’arnaque magnifique de Fred Lorz

Au 15e kilomètre, Fred Lorz a les cuisses en compote. Il est déshydraté, il a envie de vomir. Au lieu de s’obstiner, il s’arrête, lève le pouce, et monte à l’arrière de la voiture de son entraîneur. Il passe les 17 kilomètres suivants assis sur des coussins, à boire des boissons fraîches et à saluer les autres concurrents qu’il dépasse en souriant.

À quelques bornes de l’arrivée, la bagnole tombe en panne. Lorz, qui a bien récupéré, descend du véhicule, trottine jusqu’au stade d’athlétisme, franchit la ligne en premier sous les acclamations d’une foule en délire. Alice Roosevelt, la fille du président des États-Unis, s’avance pour lui poser la couronne de laurier sur la tête et lui remettre la médaille d’or. C’est au moment où le photographe va immortaliser la scène qu’un officiel débarque en hurlant à l’imposture. Lorz sourit, hausse les épaules et sort sa défense historique : « C’était juste une blague ! ». Sullivan ne goûte pas l’humour new-yorkais et le bannit à vie (la suspension sera levée un an plus tard, Lorz prouvant sa bonne foi en gagnant le marathon de Boston en 1905, à la régulière cette fois).

La sieste digestive du facteur cubain

Andarín Carvajal, lui, avance à son rythme. Il n’a pas bu d’eau depuis des heures, il a faim. En passant devant un verger, il voit des pommes. Elles sont vertes, elles sont probablement pleines de pesticides de l’époque ou à moitié pourries, mais il s’en fout. Il en siffle trois ou quatre.

Dix minutes plus tard, ses intestins crient vengeance. Pris de crampes monstrueuses, il décide que la médaille d’or ne vaut pas une colique publique. Il s’allonge sous un arbre, à l’ombre, et s’endort profondément. Il roupille pendant une vingtaine de minutes, se réveille, s’étire, reprend sa course et termine quatrième. Si ce mec avait eu une banane et une bouteille de Cristaline, il collait deux heures au deuxième.

Thomas Hicks ou le triomphe de la mort-aux-rats

Le vainqueur officiel de cette parodie de justice sportive est un ouvrier d’usine de canuts du Massachusetts nommé Thomas Hicks. Son calvaire est sans doute la description la plus terrifiante de ce que le sport pré-moderne pouvait produire.

À 11 kilomètres de l’arrivée, Hicks est en tête, mais il est en train de mourir. Ses yeux sont fixes, ses bras ballants. Il supplie ses entraîneurs — Charles Lucas et Hugh McGrath — de lui donner de l’eau. Ils refusent. À la place, ils décident de tester une méthode de stimulation bien particulière.

Le cocktail « Victoire » de l’équipe Hicks :

  • 1/60e de grain de sulfate de strychnine (environ 1 mg)
  • Un blanc d’œuf cru
  • Une rasade de brandy (du cognac bon marché)

Pour ceux qui n’ont pas fait d’études de médecine ou de meurtre en série, la strychnine est un alcaloïde hautement toxique utilisé principalement comme raticide. À faible dose, elle agit comme un stimulant du système nerveux central. À forte dose, elle provoque des convulsions tétaniques et un arrêt respiratoire.

Hicks avale le mélange. Ça le secoue, mais quelques kilomètres plus loin, il flanche à nouveau. Ses entraîneurs lui injectent une seconde dose de strychnine, accompagnée de deux autres blancs d’œufs et d’un grand verre de brandy.

Les derniers kilomètres sont un film d’horreur. Hicks avance comme un zombie de George Romero. Ses jambes bougent par réflexe mécanique, son visage est d’une pâleur cadavérique. Il hallucine, persuadé que la ligne d’arrivée est encore à des dizaines de milles.

Lorsqu’il entre enfin dans le stade, il est incapable de courir. Ses deux entraîneurs le soutiennent par les aisselles, ses pieds traînant dans la poussière. Ils le portent littéralement au-dessus de la ligne d’arrivée pendant que ses jambes miment le geste de la course dans le vide.

Bilan médical de Thomas Hicks après la course :

  • Perte de poids : 3,6 kg en moins de 4 heures.
  • Température corporelle en chute libre.
  • Évacué d’urgence par quatre médecins.

Hicks a obtenu sa médaille d’or, mais il a déclaré plus tard qu’il préférait mourir plutôt que de revivre une telle journée.

Les autres damnés de la terre

On ne peut pas clore ce billet sans mentionner Len Taunyane. Le Sud-Africain faisait une course magnifique, oscillant autour de la cinquième place, lorsqu’il a croisé une meute de chiens errants du Missouri. Les cabots l’ont pris en grippe et l’ont pris en chasse à travers les champs. Taunyane a dû faire un détour d’un kilomètre et demi à pleine vitesse pour ne pas se faire dévorer les mollets. Il a quand même réussi à finir neuvième.

Sur les 32 athlètes au départ, seuls 14 ont franchi la ligne d’arrivée. Les autres étaient disséminés le long des routes du Missouri, vomissant leurs tripes, soignant leurs poumons pleins de poussière ou dormant dans les fossés.

Qu’est-ce qu’on retient de cette connerie ?

Après la course, James Sullivan, l’organisateur en chef, était ravi. Il a publié un rapport affirmant que ses théories sur la déshydratation étaient totalement validées par l’expérience. Le mec était un psychopathe complet. Il a également tenté d’utiliser les performances médiocres des coureurs non-blancs pour appuyer ses thèses racistes sur la hiérarchie des civilisations, oubliant au passage qu’il les avait fait courir sans chaussures, sans eau, après les avoir nourris de restes de la foire.

Le marathon de 1904 a bien failli être le dernier de l’histoire olympique. Le baron Pierre de Coubertin, horrifié par les rapports médicaux, a sérieusement envisagé de supprimer définitivement cette épreuve des Jeux. Il faudra attendre les JO de Londres en 1908 pour que la distance soit normalisée (les fameux 42,195 km) et que l’on commence à traiter les marathoniens comme des êtres humains plutôt que comme des rats de laboratoire.

Alors la prochaine fois que vous regardez un marathon à la télé, avec les ravitaillements en gels énergétiques, les tentes médicales climatisées et les gourdes de boisson isotonique, pensez à Thomas Hicks, le visage couvert de bave et d’œuf cru, qui courait vers la gloire avec de la mort-aux-rats dans les veines.

Allez, salute. Et restez hydratés, bordel.

Références historiques et bibliographie

Pour les sceptiques qui pensent que Fantski invente des histoires après avoir bu trop de mezcal, voici les sources officielles et les travaux d’historiens qui documentent ce naufrage :

  • Lucas, Charles J. P. (1905). The Olympic Games, 1904. Woodward & Tiernan Printing Co. (Il s’agit du rapport officiel écrit par l’un des entraîneurs mêmes de Thomas Hicks, celui-là même qui lui a injecté la strychnine. Un document d’époque absolument terrifiant de cynisme).
  • Sullivan, James E. (1905). Spalding’s Official Athletic Almanac for 1905: Special Olympic Number. American Sports Publishing Co. (Les archives officielles de l’organisateur).
  • Matthews, George R. (2005). America’s First Olympics: The St. Louis Games of 1904. University of Missouri Press. (L’ouvrage de référence moderne le plus complet sur le contexte politique et social de ces jeux).
  • Davis, David (2012). Showdown at Shepherd’s Bush: The Story of the 1908 Olympic Marathon. St. Martin’s Press. (Contient d’excellents chapitres comparatifs sur l’évolution du marathon entre l’enfer de 1904 et la normalisation de 1908).
  • Abrahams, Harold (1956). The Olympic Games Book. Naldrett Press. (Pour les statistiques brutes et les temps de passage des survivants).

Épisode à écouter sur Spotify : https://open.spotify.com/episode/7ACXi7V05bieNAwAKgtrfn?si=2Z2B5bpmRtK30Xu_x9nF6w

Ou sur Youtube: https://youtu.be/ucCR9z_gLGs

Braquer le monde en caleçon sale (De la Banque du Bangladesh au Casse ByBit de 2025)

Vous venez de vous enfiler l’épisode 9 de Que des conneries Fantski. Vous avez votre verre à la main, un arrière-goût de tabac froid dans la gueule, et vous vous demandez sûrement si votre compte en banque est en sécurité. Spoiler : il ne l’est pas. Rien ne l’est. L’argent n’est qu’une putain d’illusion qui clignote sur des écrans, et il suffit d’une bande de geeks nord-coréens sous-payés pour tout faire disparaître.

Le Coup du Bangladesh (2016) : Un milliard perdu pour une putain de voyelle

On l’a dit dans le podcast, le plan de 2016 était une œuvre d’art, un poème de la faucheuse. Lazarus a infiltré le réseau SWIFT, la messagerie ultra-sécurisée que les banquiers utilisent pour se faire des papouilles financières. L’objectif ? Siphonner 1 milliard de dollars de la Réserve Fédérale de New York. Milliard qui appartenait à la Banque Centrale du Bangladesh.

Ils ont fait passer 35 requêtes de transfert en douceur. L’argent devait partir se faire dorer la pilule aux Philippines et au Sri Lanka. Et puis, la tragédie. La connerie humaine dans toute sa splendeur. Pour transférer 20 millions au Sri Lanka, au lieu de taper « Shalika Foundation », un de ces génies du clavier a tapé « Shalika Fandation« .

Un gratte-papier de la Deutsche Bank, qui servait d’intermédiaire, a vu la faute de frappe. Il a posé sa tasse de café tiède, a bloqué le bordel et a demandé des comptes. Le reste du milliard a été gelé.

Mais ne pleurez pas pour Kim Jong-un. Lazarus s’est quand même barré avec 81 millions de dollars. Comment ? En les balançant dans les casinos de Manille (le Solaire Resort et le Midas Hotel). L’argent sale est entré, il a été joué au baccara par des junket operators chinois, et il est ressorti plus propre qu’un cul de bébé. L’art de baiser le système.

Le CV de Lazarus : Hollywood et Hôpitaux

Ces types ne se contentent pas de braquer des banques du tiers-monde. Ils foutent la merde partout où ça brille.

  • Sony Pictures (2014) : Vous vous souvenez du film L’Interview qui tue ! avec Seth Rogen, qui se foutait de la gueule du dictateur nord-coréen ? Pyongyang n’a pas rigolé. Ils ont piraté Sony, balancé des téraoctets de données confidentielles dans la nature, ruiné des carrières et mis Hollywood à genoux. Tout ça pour une comédie de merde.
  • WannaCry (2017) : Le ransomware qui a fait trembler la planète. Ils ont bloqué des centaines de milliers d’ordinateurs dans 150 pays. Ils ont même paralysé le National Health Service (NHS) au Royaume-Uni. Des ambulances bloquées, des opérations annulées. Le tout pour exiger des rançons en Bitcoin. Le cynisme absolu, facturé en crypto.

Le Casse ByBit (Février 2025) : 1,5 Milliard de dollars dans la nature

Si vous pensiez que ces hackers en survêt s’étaient calmés, laissez-moi vous parler de l’avenir radieux de la cryptomonnaie. On avance dans le temps, direction le 21 février 2025. Le jour où Lazarus a signé le plus gros casse de l’histoire numérique.

La cible ? ByBit, l’un des plus gros casinos cryptos de la planète. Montant du butin ? 1,5 milliard de dollars en Ethereum, siphonnés direct depuis les « cold wallets » (les portefeuilles froids, censés être inviolables).

Ils n’ont pas attaqué la blockchain de front. C’est pour les cons, ça. Ils ont fait dans la dentelle vicieuse, ce qu’on appelle une attaque de la chaîne d’approvisionnement (supply chain attack).

Voici comment ces enfoirés ont procédé :

  1. L’Infiltration : Ils ont vérolé l’ordinateur d’un développeur bossant pour Gnosis Safe, le système de portefeuilles multi-signatures utilisé par ByBit.
  2. L’Illusion : Ils ont injecté un code JavaScript malveillant dans l’interface utilisateur.
  3. Le Piège : Quand les pontes de ByBit ont cru signer une transaction légitime de routine (un transfert banal vers un de leurs propres portefeuilles chauds), l’interface truquée cachait la vérité. En coulisses, le code modifiait les contrats intelligents pour transférer le contrôle total du portefeuille aux hackers.

Une signature, et pouf. 1,5 milliard envolé. La DeFi (finance décentralisée), censée nous sauver des banques corrompues, s’est fait éventrer par les mêmes mecs qui ont écrit « Fandation » neuf ans plus tôt. C’est beau, putain. C’est poétique.

Les Sources (Parce que je ne sors pas ça de mon cul)

Vous croyez que je suis juste un type aigri qui invente des histoires pour cracher sur la société ? Lisez par vous-mêmes, si vous savez encore aligner deux neurones :

  • Le Braquage du Bangladesh & SWIFT (2016) : Les enquêtes de Wired et le livre The Lazarus Heist de Geoff White (et le podcast BBC du même nom).
  • WannaCry (2017) & Sony (2014) : Les rapports officiels du Département de la Justice des États-Unis (DOJ) et les alertes du FBI sur les menaces cyber nord-coréennes.
  • Le Hack ByBit (Février 2025) :Sygnia Team (Mars 2025) : Rapport d’investigation révélant l’attaque de la chaîne d’approvisionnement et la compromission des fichiers cache de Google Chrome liés au domaine Safe Wallet.
    • Halborn Security (Février 2025) : Analyse technique expliquant la manipulation de l’UI et la modification de la logique du « smart contract » du portefeuille multi-signature.
    • Alerte IC3 du FBI (26 Février 2025) : Confirmation officielle attribuant le vol d’1,5 milliard de dollars au groupe nord-coréen (les acteurs de la menace « TraderTraitor »).

L’argent est virtuel. La connerie est bien réelle. Changez vos mots de passe, vendez vos cryptos, ou buvez un coup pour oublier.

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L’Histoire de la Roumanie : Un cocktail de sang et de béton

L’histoire, c’est comme une cicatrice de couteau sur une joue : ça raconte une histoire de merde, mais on ne peut pas s’empêcher de la regarder. La Roumanie, c’est exactement ça. Un pays qui s’est pris des baffes par tous les empires de passage et qui est toujours là pour payer sa tournée.

Si vous avez raté l’épisode 8 de « Que des conneries, Fantski ! », voici le résumé pour ceux qui savent encore lire entre deux verres.

Le Latin égaré dans la boue

Tout commence avec les Daces. Des types qui vivaient dans les montagnes et qui ne demandaient rien à personne, à part peut-être un peu moins de pluie. Mais en 106, l’empereur Trajan arrive avec ses légions romaines. Il a vu de la lumière, il a vu de l’or, il a tout pété. Résultat ? Les Roumains sont les seuls dans le coin à parler une langue qui ressemble à celle des types en toge, coincés entre les Slaves et les Hongrois. Une anomalie géographique, un miracle linguistique, ou juste un entêtement de mule.

Le Patron : Vlad l’Empaleur

Oubliez les capes en velours et les dents de lapin de Hollywood. Le vrai Vlad III Basarab, c’était un client. Le mec ne faisait pas dans la dentelle. Sa méthode de management ? Le pal. Un pieu, de la graisse, et beaucoup de patience. C’était sa façon de dire « casse-toi » aux Ottomans. Factuel, efficace, et ça laissait les rues propres (enfin, façon de parler).

Le siècle des girouettes et le cauchemar en béton

Après s’être fait secouer par tout le monde, la Roumanie s’unit en 1859 et récupère la Transylvanie en 1918. C’était le bon temps. Puis la Seconde Guerre mondiale arrive. Ils commencent avec les nazis par peur des Russes, puis ils finissent avec les Russes parce que, bon, les nazis perdaient.

Mais le vrai drame arrive avec les mecs en costume gris : le Communisme. Et surtout Nicolae Ceaușescu. Le « Génie des Carpates ». Un type tellement modeste qu’il a rasé la moitié de sa capitale pour construire le Palais du Peuple. Un monstre de marbre et de vide, alors que le peuple faisait la queue pour un quignon de pain rassis. Ça s’est fini un 25 décembre 1989, avec une rafale de kalachnikov dans une cour d’école. Joyeux Noël, Nicolae.

Les références citées pour ne pas mourir idiot :

Si vous voulez vérifier mes dires entre deux cuites, voici les points d’ancrage de ce bordel historique :

  • L’Empereur Trajan & la conquête de la Dacie (101-106 ap. J.-C.) : Le point de départ de l’identité latine. Allez voir la Colonne Trajane à Rome, c’est la BD de l’époque.
  • Vlad III l’Empaleur (Vlad Țepeș) : Prince de Valachie au XVe siècle. Membre de l’Ordre du Dragon (Dracul), d’où le nom de Dracula.
  • L’Union des Principautés (1859) : Sous Alexandre Jean Cuza. C’est là que la Roumanie moderne commence à ressembler à quelque chose.
  • Nicolae Ceaușescu & le Palais du Peuple : Actuel Palais du Parlement à Bucarest. 365 000 mètres carrés de mégalomanie pure. Le deuxième plus grand bâtiment au monde après le Pentagone.
  • La Révolution de 1989 : Le seul renversement de régime communiste en Europe de l’Est qui s’est terminé dans le sang.

La Roumanie aujourd’hui ? C’est l’UE, c’est la tech, et c’est surtout un peuple qui a survécu à des types bien pires que votre proprio. Respectez-les.

Allez, je retourne à ma machine à écrire. La bière chauffe.

Écouter l’épisode sur Spotify: https://open.spotify.com/episode/0m5YwPsPESUcfQrLG1jGjG?si=Z4_WN8KRRkOKCFRyGRJmlg

Écouter l’épisode sur Youtube: https://youtu.be/gVs_MARwPgY