À des années-lumière, une étoile à neutron s’est fissurée et à dispersée des morceaux dans tous les sens, dans toutes les directions, mais c’est sur Terre qu’a atterri le plus beau.
De la poussière d’étoile du firmament m’enlace le cœur et l’embrasse tendrement Afin de me faire oublier à moi, Didi la tristesse et fadeur de ce monde maudit.
On se tourne autour, on se jauge, on se défit pour apprendre à se connaître et mettre à profit le temps qu’il nous reste avant le boulevard de la fin, avant de plonger dans le trou noir.
Vraiment proches, le cataclysme interstellaire semble inévitable, mais commence à me plaire, Une fois unis, prendra place un grand roi, Il faut toujours être deux pour faire trois.
L’horizon des événements me préoccupe, une fois franchi, aucun retour en arrière n’est possible, c’est simplement un préambule, une éternité à nous, voilà ma prière.
Les premiers photons de lumière virent me baiser le visage aux aurores, ce qui eut pour immédiate conséquence de me réveiller. Déboussolé, je levai ma tête et regardai autour de moi. J’étais au beau milieu d’un champ lexical. « Où suis-je ? La levrette est-elle la femme du lièvre ? » furent les deux premières questions qui me virent à l’esprit.
Dieu soit loué, j’entendis le bruit de véhicules qui passaient au loin. La civilisation était proche. Aussi, me devais-je de prendre la direction opposée. Il est important de savoir où l’on va, surtout quand on ignore totalement d’où l’on vient et que l’endroit dans lequel on se trouve n’a pas le moindre distributeur Selecta. Savoir où l’on va ne suffit pas, il est important de vérifier qu’on s’est acquitté du prix du billet pour pouvoir voyager jusqu’au bout, n’est-ce pas ? Personnellement, je suis resquilleur de maire en fils et faire la plonge ne m’a jamais posé de problème, à condition qu’il ne faille pas que je mette mon tee-shirt à l’envers. Arrivé à bon porc, je commençais à tailler le bout de gras avec un phalène qui ne cessait de me taquiner, s’imaginant sans doute que j’étais une truffe. Il volait pour vivre m’a-t-il dit, je trouvai cela d’une désobligeance sans égale et ne trouvai rien de mieux à lui répondre que je vivais pour voler. Tout ceci n’avait ni queue, ni tête et parmi les femmes, d’aucunes pensaient que je n’étais qu’un cochon qui avais l’appât de leur lait maternel. Je n’étais, naturellement, pas d’accord avec tout cela, car il m’était évident que je vivais pour la Mère Patrie et que je mourrai pour la Mère Patrie.
Lassé, je fis mes adieux au lépidoptère et il me souhaita bon vent. J’ignorai toujours où j’allais. Mais comme disait mon père : « si tu ne sais pas d’où tu viens, regarde où tu vas »… ou alors l’inverse, je ne suis plus aussi sûr, des bribes spirituelles s’étaient perdues sur le chemin de ma vie. Alors où allai-je ? Alors où vais-je ? Allez, venez ! Je vais vous emmener avec moi à la sublime colline des jours heureux, où on se gavera de cookies astraux tout en faisant passer nos joyeuses peines à coup de gorgées de vin de la jeunesse. Le temps panse tout, on n’y pense pas assez et quand on s’en rend compte, il est, hélas, bien trop tard pour en profiter. La jeunesse s’en va, le vin reste ici, on ne veut plus de bonbons, on veut que des morts ressuscitent.
De quel droit ? De quel droit mes êtres chers s’en sont-ils allés ? De quel droit m’ont-ils laissé ici ? Seul et dépourvu de toute distraction, souffrant de sévères carences affectives. De quel droit ? L’amour s’en va et il revient, il revient sans cesse, mais sans cesse affaibli tel le soldat après avoir passé des mois au front. Front, j’y faisais à l’amour, jusqu’à l’instant où son regard se plongea dans le mien et que plus rien n’avait dès lors d’importance. Mais qui suis-je pour parler d’amour après tout ? Ce sentiment d’une noblesse à toute épreuve qui n’a d’égal que le diabète jusqu’à ce que l’on en vienne à sucrer les fraises. L’amour est beau, l’amour est grand, l’amour fut cher à vos parents, mais qu’en avez-vous fait, parias que vous êtes ? Qu’en ai-je fait, d’ailleurs ? Où est-il mon amour ? Où qu’il soit, je le traquerai comme Bryan Mills et lui ferai sa peau avec des fleurs, j’arriverai et lui dirai : « N’a-t-on pas le droit à une seconde quinzième chance ? ». Ce à quoi il répondrait par un haussement d’épaules qui en dirait long… très long.
Alors bientôt, le tic-tac de l’horloge sonnera le glas du voyage et celui-ci commence généralement bien, mais finit toujours mal. Quand on regarde dans le rétroviseur du passé, que reste-t-il si ce n’est des souvenirs disloqués imbibés d’une folie ? Ordinaire est la mienne et je ne vous ai rien conté de spécial. Mais après tout, qui est le fou ? Moi ou le lecteur qui s’est rendu compte que tout ceci n’avait de sens dès le départ, mais qui a poursuivi sa lecture ? Alors ? Voulez-vous bien éclairer ma verte lanterne ?
Quelle formidable invention qu’est le sac à dos, n’est-il pas ? On se métamorphose en tortue afin d’emporter avec nous tout ce qui nous est précieux. Emporter avec nous nos malheurs, nos joies, nos peines, nos haines… tout ceci est rendu possible grâce à ce sac à dos.
Le sac à dos permet la liberté de mouvement que nul autre objet ne peut se targuer de permettre : comment feraient les parachutistes si le sac à dos n’existait pas ? Comment partirait-on faire une randonnée dans la plus reculée des contrées sans sac à dos ? Il permet de nous charger comme une mule afin d’aller plus loin, tout en étant sûr qu’on ne risque de manquer de rien.
Mais au fond, la vie ne nous place-t-elle pas un sac à dos invisible sur nos dos ? On y accumule tout dedans, tout ce qui fait que nous sommes qui nous sommes… Mais comme tout objet, il n’a pas une capacité illimitée et donc à un certain point, il sature, il peut craquer… un sac à dos qui explose, ce doit être cela la mort, en fin de compte.
Luis ouvrit ses yeux et regarda le cadran de son horloge murale. elle affichait 3h27 du matin.
comme d’habitude, il ne parviendrait sûrement pas à retrouver le sommeil. des nuits perdues, il en avait connu, des centaines et des centaines.
mais il décida que celle-ci n’allait pas en être une. il appuya sur le petit bouton de sa lampe de chevet et l’ampoule dégueula sa lumière qui vint illuminer sa chambre.
il contempla ce qui l’entourait et arriva à la conclusion que son ameublement était d’une autre époque.
il se leva et enfila un pantalon et un pull assez épais. il s’alluma une cigarette.
lorsqu’il l’eut terminée, il prit ses clés et sortit.
une douce fraîcheur le réveilla davantage. il regarda le ciel et vit de somptueuses étoiles, bien étincelantes. il se dit qu’il devait bien y avoir une vie là-haut, quelque part.
puis, il se dirigea vers le parc qui était à deux pâtés de maisons de son domicile. il voulait se balader.
la marche, cette envoûtante berceuse pour les insomniaques…
demain serait une autre nuit. un jour, il parviendra à trouver le sommeil du juste… un jour, peut-être.
Un vin aigre vint me chatouiller subitement mon gosier, L’enivrement n’allait pas tarder à enjoliver cette foutue grognasse Qui, en plus d’être conne, avait un don pour mal choisir ses godasses. Bon Dieu, pourquoi faut-il que je me foute dans ce genre de merdier ?
Fuir ? Trop tard, ce n’est guère plus envisageable à ce stade. En face d’elle, j’essaye de garder mon calme et j’écoute ses salades. Je n’ai qu’une envie : vider cul-sec la bouteille de Chianti, Mais si je fais ça, elle cessera de penser que j’suis un mec gentil.
Pas le choix, je l’écoute et j’affiche un sourire béat En acquiesçant de temps en temps avec un signe de tête : « Mais je suis totalement de ton avis ma Colette. » Sauf qu’en réalité, son petit prénom, c’est Andréa.
« Oh la belle bourde, la grosse boulette » allez-vous me dire. Comme si j’en avais quelque chose à faire de tout ça, Mais ce n’est pas du tout le cas. On me choisit pour le pire, Le meilleur en moi n’existe pas : je suis Dmitri le forçat.
Ce matin-là, j’ai tout de suite senti qu’un truc clochait… Enfin, je veux dire que tout était comme d’habitude quand j’ai ouvert mes yeux : ma maman était allongée à côté de moi dans le lit, elle me tournait le dos, les volets étaient entrouverts, mon doudou n’avait pas bougé d’entre mes bras (en même temps, mon doudou est l’être qui m’aime le plus au monde, donc pas étonnant qu’il ne bouge pas d’un poil d’entre mes bras). Bref, tout était à sa place, sauf mon papa. A ma grande surprise, il n’était pas à sa place habituelle : juste à ma droite… puisque ma maman n’aimait dormir qu’à gauche du lit.
Je dors encore avec mon papa et ma maman non pas parce que j’ai peur de dormir seule, oh non, loin de là, je suis une grande fille maintenant… mais c’est parce que mon papa et ma maman ont peur que je dorme toute seule, peur que je fasse des cauchemars. Et puis, il faut dire que mon tonton m’a dit une fois comme ça « la nuit, les fantômes qu’il y a dans ta chambre vont te manger ». Bien sûr, je ne l’ai pas cru, il raconte souvent des craques mon tonton, je ne me fais pas avoir si facilement, sauf que je préfère ne pas prendre le risque, vous feriez pareil si vous étiez à ma place.
Mais alors, où c’est qu’il était mon papa ? Ah ! Je sais ! Il doit être en train de faire pipi aux toilettes. Des fois, ça lui arrive d’aller comme ça, dans la nuit, faire pipi. Une fois même qu’il a fait caca, je le sais parce qu’il a oublié de fermer la porte et que j’ai entendu le bruit de l’étron tomber dans l’eau. Pour vérifier ma théorie, je suis restée dans le lit à attendre son retour. J’ai attendu, j’ai attendu… puis, soudain, j’ai entendu du bruit en dehors de la chambre, mais ce n’était pas mon papa. Non, c’était ma mamie qui a crié : « Debout ma petite chérie, c’est l’heure d’aller à l’école.
J’veux pas y aller ! » que j’ai répondu comme ça. Puis ma mamie est rentrée dans la chambre et m’a prise dans ses bras, j’étais ronchonne.
Elle m’a délicatement déposée à l’entrée de la salle de bain pour que je passe de l’eau sur mon visage. Ma mamie, elle dit toujours que tant qu’on ne se passe pas de l’eau sur son visage le matin, on embrasse le derrière de toutes les personnes qu’on croise. Moi, je sais que c’est faux, mais bon, je ne préfère pas prendre de risque, je ne veux embrasser le derrière de personne. Une fois cela fait, je suis sortie de la salle de bain sur la pointe des pieds, j’essayais de ne pas faire de bruit en vue de surprendre ma mamie pour lui faire peur. J’adore faire ça, les grands ont toujours peur mais font toujours semblant de ne pas avoir eu peur, mais moi je sais bien qu’ils ont peur, je me fais pas avoir si facilement hein. Malheureusement pour moi, ma mamie n’était plus dans les parages. J’ai donc descendu doucement les marches pour arriver dans le salon, au rez-de-chaussée.
Là, j’ai retrouvé mon papa. Il était allongé sur le canapé, les yeux grands ouverts, rouges… Visiblement, il avait passé une mauvaise nuit. Il a levé les yeux vers moi, il avait le regard livide… il avait décidément passé une très sale nuit.
« Bonjour mon papa ! Tu es tombé du lit ? » que je lui ai demandé comme ça. Un simple soupir m’a été adressé en guise de réponse. J’ai aussitôt pensé que j’avais fait une bêtise… j’ai réfléchi, mais aussi loin que je m’en souvenais, je n’avais pas fait de nouvelle bêtise depuis la dernière fois que mon papa m’avait grondée. J’ai cherché ma mamie du regard dans le salon, mais elle n’était pas là. Je suis remonté dans la chambre de mes parents et j’ai demandé à ma maman si papa était malade. Elle m’a dit que c’était le cas. J’ai haussé les épaules.
Je suis redescendu dans le salon, mais je ne me suis pas approché de mon papa. À chaque fois que mon papa était malade, il refusait catégoriquement que je l’approche. Ma mamie elle m’a dit une fois que c’est parce que les microbes de mon papa viennent sur moi et c’est moi qui serai malade après. Bon, j’ai pas tout compris, mais avec tout ce que mon papa a eu, je sais que lui et ma mamie en connaissent un rayon en maladies, microbes et autres bactéries.
Je me suis dirigée vers la cuisine où mon bol de céréales m’attendait. Ma mamie est vraiment top, elle s’occupe de tout, je m’occupe de rien, si ce n’est que je dois avaler mon bol de céréales jusqu’à la dernière goûte. Sinon, ma mamie me gronde et elle me dit que je resterai petite toute ma vie. Mais moi, je ne veux pas rester petite toute ma vie, sinon mes copines, elles vont sacrément se moquer de moi.
Un fois mes céréales avalées, ma mamie est venue me sommer de me dépêcher sinon, je serai en retard. Moi, je n’aime pas être en retard. Je suis montée dans ma chambre pour m’habiller. Les vêtements que ma mamie m’a préparé ne me plaisaient pas, mais je n’ai rien dit, j’ai pris sur moi. C’était, selon moi, une preuve de maturité.
Mon sac sur le dos, j’étais en route pour l’école. C’était ma mamie qui m’avait emmenée à l’école parce que mon papa était malade et ma maman dormait encore. Devant l’école, j’ai fait un bisou à ma mamie et lui ai fait promettre qu’elle reviendrait me chercher le soir.
La journée d’école ne mérite pas que je m’attarde dessus : c’était un jour comme les autres. La maîtresse a essayé de nous apprendre des trucs, pendant que nous, les écoliers, on essayait de bavarder sans se faire prendre.
Le soir, ma mamie m’attendait devant l’école. En rentrant, elle m’a proposé de m’acheter un bonbon chez l’épicier du coin. Naturellement, j’ai accepté. Mais je sentais qu’il y avait un truc qui clochait. Ma mamie est gentille avec moi, là n’est pas la question, c’est même, je dirais, la meilleure mamie au monde, seulement, elle n’acceptait jamais de m’acheter des bonbons, contrairement à mon papa.
Arrivées à la maison, j’ai constaté que mon papa n’était pas dans le salon, alors même que sa voiture blanche licorne était garée dans la rue. J’ai demandé à ma mamie où il était, elle m’a répondu qu’il se reposait dans la chambre. Je suis montée derechef vérifier cela. Et, en effet, mon papa était calfeutré dans la chambre, tel un reclus, volets fermés, lumière éteinte.
Je suis ressorti sur la pointe des pieds car il semblait dormir. Je suis descendu m’inquiéter auprès de ma mamie de quoi il en retournait, quelle maladie pouvait bien priver mon papa de sa sortie quotidienne au troquet du coin. Il était habituellement rudement assidu mon papa, de ce côté-là.
Ma mamie m’a dit de ne pas m’inquiéter car il ne s’agissait de rien de grave, qu’il était simplement très fatigué et qu’il avait besoin de se reposer, que c’était donc logique que les volets soient fermés et la lumière éteinte. « D’accord » que j’ai répondu. Puis je lui ai demandé à quelle heure ma maman rentrerait du travail. Et là, tout d’un coup, ma mamie a fondu en larmes. Elle m’a ordonné d’arrêter de poser des questions à tout bout de champ sinon elle me rosserait comme il fallait et que je ferais mieux d’aller faire mes devoirs. Je n’ai pas trop compris ce qu’il m’arrivait et j’ai senti qu’il était relativement risqué de chercher à comprendre. Aussi, j’ai préféré baisser la tête et m’en aller dans ma chambre, pour m’installer à mon bureau et me mettre à ma besogne. Je trouvais cela injuste, mais je n’ai rien dit… après tout, Dieu reconnaîtra les siens, n’est-il pas ?
Alors que j’essayais de faire mes fameux devoirs sans trop m’apitoyer sur mon sort, j’ai entendu ma mamie qui arrivait. Elle a passé le seuil de la porte et je lui ai aussitôt fait remarquer que j’étais en train de faire précisément ce qu’elle m’avait ordonné… je sentais que ça allait me retomber dessus cette histoire, comme toujours. Dans cette maison, je faisais la coupable idéale.
Ma mamie avait le visage boursouflé et les yeux rouges. Elle semblait, elle aussi, très fatiguée et elle avait visiblement pleuré, et pas qu’un peu. Elle s’est approchée de moi, m’a caressé de sa main droite mon dos. J’adore quand elle fait cela, je me sens tellement en sécurité. J’ai souri. Puis elle m’a dit « Il faut que je te dise quelque chose ma petite chérie… ».
Elle m’a raconté comment mon papa et ma maman se sont disputés cette nuit… je trouvais cela étrange car je n’avais rien entendu. Elle m’a raconté que mon papa est descendu dormir seul sur le canapé. Elle m’a raconté que ma maman a pris des affaires et est partie peu de temps après que je m’en sois allée à l’école. Elle m’a raconté que ma maman ne reviendrait pas ce soir. Elle m’a raconté que ma maman reviendrait me voir bientôt, mais qu’elle ne resterait pas dormir à la maison.
Je suis restée bouche bée. Cela fait une quantité d’informations trop importante à traiter par mon petit cerveau. J’essayais tant bien que mal de faire le tri dans ma tête mais cela était terriblement confus. J’ai tout de même réussi à articuler « Mais… pourquoi ? ». Ma mamie est restée sans rien dire pendant un petit moment, elle semblait réfléchir puis elle m’a dit « Parce que ton papa et ta maman ne s’aiment plus ».
En voilà une histoire… Pourquoi faut-il toujours que les grandes personnes compliquent-elles tout ? Un papa doit aimer une maman pour toujours non ? Et inversement. Alors pourquoi arrêteraient-ils de s’aimer tout d’un coup ? Il y a quand même des choses qu’il faudrait qu’on m’explique parce que ou je n’ai pas toutes les pièces du puzzle pour tout comprendre, ou bien le monde ne tourne pas rond.
J’avais beau essayer de comprendre, je n’y parvins pas sur le coup. Mais le fatal constat était bel et bien celui-là : je ne trouverais plus jamais ma maman à la maison, allongée à côté de mon papa et regardant la télévision.
J’ai mis un peu de temps à m’en remettre d’un part, et d’autre part, à comprendre. Au travers de bribes de conversations que j’entendais de-ci de-là, je compris que l’amour entre mon papa et ma maman disparut à la suite d’une querelle sur un sujet qui m’est encore inconnu. « C’est complètement dingo ! Cela ne tient donc qu’à ça l’amour ? » j’ai pensé.
Pendant les semaines qui suivirent cet événement, mon papa alternait ses humeurs entre la colère, la tristesse et l’envie de se suicider. Ma maman, quant à elle, m’appelait régulièrement pour prendre de mes nouvelles, sans oublier de demander des nouvelles « de la maison » comme elle disait. Certains week-ends même, elle m’emmenait chez elle, dans sa nouvelle maison à elle. Au début, c’était chouette car ma maman, comme elle n’avait pas grand-chose dans sa nouvelle maison (même pas la télévision, c’est vous dire), m’emmenait tout le temps au cinéma, puis au Mac Donald’s, et même qu’elle m’achetait tout plein de jouets. Mais plus le temps passait, moins les sorties étaient fréquentes, moins les cadeaux étaient nombreux… si bien que, à la fin, les visites chez ma maman se résumait à cela : elle me questionnait durant un quart d’heure sur l’école, sur comment j’allais et surtout sur la maison de mon papa et sur mon papa, puis elle m’installait devant la télévision qu’elle avait achetée entre temps et m’ordonnait d’être sage, car si je ne l’étais pas, elle cesserait de m’aimer aussitôt.
Petit à petit, mon papa s’est senti mieux, il réussissait tant bien que mal à tourner la page. Au début, il n’arrêtait pas de demander à haute voix « Mais qu’est-ce qui a bien pu lui prendre ? ». Il parlait de ma maman, cela va de soi. Puis, il a cessé de chercher à comprendre. Parfois, certaines choses n’ont pas d’explication rationnelle.
Aujourd’hui, mon papa ne parle à ma maman que pour des questions pratiques : lorsque je vais la voir ou lorsque ma maman veut me parler. Ils se sont promis amour dans le meilleur et dans le pire… que de vaines paroles. Ma maman ne me manque pas particulièrement, car je la vois assez régulièrement… Non, ce qui me manque c’est mon papa ET ma maman, ensembles. Aussi, je me suis promis que quand je serai grande, je n’essayerai pas de comprendre tout ça… mais que quand je donnerai ma parole, je m’y tiendrai.
OK, donc l’amour. Avant d’aborder ce vaste sujet, il faut, au préalable, faire la distinction entre l’amour même et l’attirance physique qu’on peut ressentir envers une personne. Cette attirance qu’on peut ressentir au premier regard, c’est ça qu’est pour moi le coup de foudre. Et c’est la raison pour laquelle un coup de foudre ne débouche pas forcément sur un amour sincère. Le véritable amour se construit, c’est un travail de longue haleine qui se fait tous les jours. Un travail qui demande de faire de nombreux efforts et quelques sacrifices (on ne peut pas se comporter comme un célibataire lorsqu’on aime une personne). Cet amour doit être basé sur la confiance et la communication (la fidélité est une variable aléatoire, car cette notion n’est pas perçue de la même manière d’une personne à l’autre : les couples libertins sont parmi les plus fidèles. Et même s’ils couchent avec une autre personne que leur femme/mari, tant que cela est su et convenu, cela reste de la fidélité. L’infidélité est la résultante d’une trahison, d’un mensonge).
Alors pour quelle raison l’amour fait-il si mal ? C’est relativement simple à appréhender : lorsqu’on aime vraiment une personne, c’est qu’on a justement mis un certain temps à construire cet amour pour elle, à bâtir le couple. Justement, on se bâtit un avenir, un futur à deux, on se voit vivre avec cette personne le plus longtemps possible. Seulement, une fois qu’il y a de l’eau dans le gaz, très vite, on arrive à remettre tout en question. Encore pire, si la rupture intervient, ce sont tous nos rêves peaufinés ensemble qui sont balayés du revers d’une main. Et il n’y a aucun plâtre pour la fracture de nos rêves, c’est pour cela que c’est si douloureux. Il faut nuancer cela en ajoutant qu’il existe différentes ruptures : si elles sont dues à une infidélité, par exemple, elles sont généralement plus « faciles » à gérer. C’est quand on ne voit rien venir que c’est difficile.
Alors, comment faire en sorte pour qu’on ait moins mal ? Il n’y a pas vraiment de façon de faire. Et peu importe ce qu’on fait, lorsque la rupture est proche, on n’est pas suffisamment lucide pour ne pas avoir mal. On est souvent pris dans un tourbillon de pensées négatives et de tristesses. Mais, il faut tout de même tenter de relativiser : une rupture n’est pas une mort. Un retour en arrière est toujours possible, même si ce n’est pas vraiment conseillé. De surcroît, même si on est séparé, on peut continuer d’avoir de l’amour pour la personne (pas le même que quand on est en couple), simplement, nos projets sont indépendants de cette personne. Une autre astuce est de ne pas s’impliquer trop rapidement et tête baissée dans la relation. Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’impliquer du tout, mais il faut laisser le temps au temps et ne pas précipiter les choses. La précipitation est souvent mauvaise : on agit de façon déraisonnée et on tombe souvent de haut à la fin. Enfin, il faut communiquer. La communication rendra les choses plus simples, même si séparation il doit y avoir. Puis elle permet de sentir l’état d’esprit de l’autre et donc de se préparer en quelque sorte aux événements qui vont venir.
Quoi qu’il en soit, l’amour est une merveilleuse chose, même si j’ai été souvent déçu de ce côté, car justement, j’ai fait tout ce qu’il faut éviter de faire, il faut toujours croire en l’amour, courir après l’amour et, surtout, la chose la plus importante : répandre l’amour autour de soi, le monde sera ainsi meilleur.
hélas, le destin s’ennuyant et ne sachant pas trop quoi faire pour s’amuser, il décida d’ôter la vie à Léo.
cela s’était passé sur une autoroute dans le sud de la France. Léo était infirmier et avait terminé son service tard dans la nuit. en rentrant chez lui, il était en excès de vitesse de 24 km/h
il s’était fait flasher et cela l’a surpris et son véhicule a terminé sa route dans la barrière de sécurité. il fut mort sur le coup.
lorsque sa femme a reçu la contravention chez elle, la photo de Léo était mémorable. il était en train de se gratter la tête au moment où il se fit flasher.
douze ans plus tard, Lucas emprunta la même autoroute. il se fit également flasher et au moment de payer l’amende, il remarqua qu’il avait exactement la même position que son frère sur la photo…
comme la technologie a le don de nous rappeler de douloureux souvenirs…
On naît tous avec lui, même s’il est dur d’apprendre à s’en servir. Il bat constamment, s’il s’arrête d’un coup, on en vient à mourir, Mais bat-il pour la bonne personne, t’es-tu déjà demandé ? Une telle question, est-ce que tu te l’es déjà posée ?
Il a beau battre à la chamade, déchirer ton petit thorax, Si tu n’y prends guère garde, tu vas finir grandement furax Parce que tu as laissé y pénétrer une femme vénale Qui t’a promis l’amour, un quotidien paisible et du sexe anal.
Aussi, n’imagines jamais qu’il ne s’agit que d’un simple muscle Qui ne fait que battre, que soulever lentement ton petit buste, Il faut le ménager, en prendre bien soin car on n’en a qu’un seul Si tu ne veux pas vêtir pour l’éternité un joli linceul.
Chaque homme veut conquérir le fragile cœur d’une femme à tout Prix, pour y déverser son amour et beaucoup de bonheur tabou Car il n’y a rien de plus beau que de rendre une personne heureuse, Sinon, on termine malheureux dans sa propre tombe qu’on creuse.
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » […] C’est seulement dans la Genèse 2, au verset 7 que les problèmes commencent à apparaître. Je cite : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. » Non, mais sans déconner, qu’est-ce qui lui a pris au bon Dieu de créer l’homme ?
Et comme les problèmes n’arrivent jamais seuls, ne voilà-t-il pas que Dieu décide de dupliquer son erreur : « L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » Bon, on peut comprendre que ce ne doit pas être joyeux-joyeux de se balader tout seul, tout nu au Jardin d’Eden, donc pourquoi ne pas lui créer de la compagnie. Dieu décida alors de créer les animaux.
Mais visiblement l’homme en voulait davantage. Aussi, Dieu décida-t-il de créer la femme : « L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. » Bon, faut dire que pour créer la femme, Dieu utilisa une côte prise à l’homme… En même temps, c’est logique, il a voulu faire un autre être, similaire au premier. Quoi de mieux alors que d’utiliser une partie de celui-ci pour en créer un second ?
Une fois l’alchimie divine effectuée, voici que la femme prit vie. Dieu la ramena vers l’homme. L’homme, que Dieu avait décidé d’appeler Adam, fut estomaqué à la vue de la femme. Elle s’approcha doucement d’Adam, tous deux le corps nu comme un ver, et lui dit d’une voix tendre : « Bonjour Monsieur. Auriez-vous l’amabilité de me dire ce que je fais ici ?
Bonjour Madame. Je me nomme Adam. Nous sommes ici au Paradis. Ce lieu porte le doux nom de Jardin d’Eden. Toutes les bonnes choses y sont réunies, nul mal existe en ce lieu.
Comment me nommé-je ?
Tu porteras le nom d’Ève et tu seras ma femme. D’une de mes côtes tu as été conçue. » Ève, l’air totalement abasourdi, fit « oui » de haut en bas avec la tête. Adam surenchérit : « Tout ceci est notre demeure. Nous sommes, ici, chez nous. Nous pouvons disposer de tout ce qui s’y trouve, ou presque. Le seul arbre qui nous est défendu est l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il nous est formellement interdit d’y toucher sous peine de mort. »
Ève regarda autour d’elle, puis dit : « L’immensité et la diversité de tout ce qui nous entoure fait que même si nous voulions goûter au fruit de chaque arbre nous entourant, il nous faudrait mille et une vies entières avant d’en arriver à l’arbre défendu.
En vérité… en vérité je te le dis, Ève, nous aurons bien d’autres choses à faire que de goûter au fruit de l’arbre défendu. » Le coquin vous dîtes-vous, n’y pensez même pas ! On vous a dit que les locataires du Jardin d’Eden étaient dénués de la connaissance du bien et du mal. Adam disait cela en toute innocence.
Le temps passait, les jours se ressemblaient les uns les autres. Une certaine routine, bien qu’agréable, commençait par s’installer. Mais n’allez pas imaginer une seule seconde que cette routine posait un quelconque problème à nos deux tourtereaux, loin de là. Seulement, l’engrenage dans lequel on se prend lorsque la routine s’installe entraine une baisse de la vigilance. Déjà qu’au Jardin d’Eden, on n’a rien à craindre, alors si en plus notre perception des choses est altérée par la routine, bonjour les dégâts.
Le dégât en question se matérialisa sous la forme d’un serpent. Il profita d’un instant où Ève se retrouva seule, à contempler l’horizon et à songer à la beauté de ce jardin, pour l’aborder. Il réussit à la convaincre, sans grande peine, à manger le fruit de l’arbre défendu par ces quelques mots : « Vous ne mourrez point, mais Dieu sait que, le jour où vous y goûterez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
Elle entendit Adam l’appeler au loin, se retourna et s’aperçut soudain que le serpent s’était volatilisé. « J’arrive », cria-t-elle en direction d’Adam. Durant cette journée comme les autres en apparence, elle ne cessa de songer à ce que le serpent lui avait dit. Elle voulait en faire part à Adam, mais n’osait pas.
Durant les jours qui suivirent, elle s’arrêtait sans cesse devant l’arbre du fruit défendu et le contempla longuement. Elle ne parvenait pas à se décider d’en parler à Adam. C’est seulement au bout du 7ème jour qu’elle trouva le courage d’aborder le sujet avec lui.
Tous deux étaient assis sur un banc, à regarder deux papillons voler autour l’un de l’autre. Elle se lança : « Adam ?
Oui, ma chère Ève ?
Puis-je te poser une question qui me tourmente depuis une semaine maintenant ?
Naturellement. » Elle lui conta alors sa rencontre avec « un animal » (elle resta volontairement muette sur le fait qu’il s’agissait d’un serpent) et lui indiqua ce que ce dernier lui avait porté à sa connaissance. Elle débitait les mots comme une personne qui avait besoin d’avouer quelque chose.
À la fin de son récit, Adam resta bouche-bée quelques secondes. Il ne savait quoi répondre. Elle l’intima de dire quelque chose. « Écoute, Ève, je ne sais pas quoi te répondre… Mais sois bien consciente que toucher au fruit de l’arbre est la seule chose que Dieu, notre Père, nous ait défendu.
Je le sais bien. Mais, n’est-ce pas justement pour nous empêcher d’accéder à la connaissance ? Cette connaissance qui n’a aucune limite.
J’ignore ce que notre Père a voulu empêcher ou non. Je sais seulement qu’il vaut mieux lui obéir. Le contrarier est la dernière chose que je souhaite.
Mais… ne ressens-tu pas une certaine soif de connaissance ? Une certaine faim ? Et cette merveilleuse pomme peut assouvir cette soif et cette faim.
Bon, autant te le dire tout de suite, ma chère Ève, ce sera sans moi. Hors de question que cette pomme touche mes lèvres.
Mais enfin, Adam. Je t’en prie, ne sois pas aussi catégorique. Je ne te demande qu’une seule chose, c’est d’y réfléchir.
Pourquoi n’y goûtes-tu pas toi-même à cette pomme qui te promet une connaissance infinie ?
Évidemment que je vais y goûter. Seulement, je ne veux pas être seule à en disposer.
Ne compte pas sur moi, Ève.
De toute manière, Dieu, notre Père, n’en saura rien.
Non, Ève, c’est un non définitif. Rien, ni personne ne pourra me faire changer d’avis. »
Ainsi s’acheva leur discussion. Ève se sentait à la fois soulagée d’en avoir parlé à Adam, et à la fois écœurée qu’il n’adhère pas à son projet.
Adam, quant à lui, se sentait terriblement troublé. Cela avait réveillé en lui une curiosité folle vis-à-vis de ce fruit, de cette connaissance qu’il est censé refermer, mais et surtout, des conséquences que le fait d’y goûter pourrait avoir.
Les jours s’enchaînaient et se ressemblaient les uns les autres. Adam finit par oublier la discussion qu’il avait eu avec Ève au sujet du fruit défendu.
Un matin, alors qu’Adam était encore couché, Ève décida d’aller se promener près d’une cascade d’une eau pure et limpide. Elle se posa sur un rocher humide pour contempler l’horizon. La beauté de l’endroit, la beauté du moment était à couper le souffle.
Captivée par cette splendeur, elle ne prêta pas attention au serpent qui s’approchait lentement du rocher sur lequel elle était posée. Lorsqu’il fut à sa hauteur, il siffla, ce qui surpris grandement Ève. À tel point que celle-ci chuta dudit rocher et sa tête vint heurter le sol, quelques mètres plus bas. Elle perdit connaissance instantanément.
De son côté, Adam ouvrit à peine les yeux lorsqu’il remarqua qu’Ève n’était pas à ses côtés. Il l’appela à haute voix, par trois fois. Aucune réponse. Il commençait à s’inquiéter, car ce n’était nullement dans les habitudes d’Ève que de partir de si bonne heure. Il la chercha du regard autour de lui, mais ne vit rien.
Il se rappela alors la discussion qu’ils avaient eu jadis. Il fit immédiatement le lien entre sa disparition et la volonté d’Ève de goûter au fruit de la connaissance. Il en était sûr : elle ne pouvait être que près de l’arbre. En toute hâte, il se dirigea vers celui-ci.
Malgré sa grande précipitation, il aperçut tout de même le corps allongé et inerte d’Ève, en bas du rocher. Il enjamba les quelques mètres qui les séparaient en un rien de temps et, lorsqu’il fut à son niveau, il se pencha pour la prendre dans ses bras.
Il la secoua et cria son nom, mais en vain, Ève ne présentait pas le moindre signe de vie. Il posa sa tête sur sa poitrine, son cœur continuait de battre. Il fut légèrement soulagé.
Ne voyant aucune réaction de la part d’Ève à toutes ses tentatives, une certaine panique commençait à le gagner. Il ne savait que faire. Les larmes commencèrent à couler sur ses joues. Puis, il commença à sangloter bruyamment. Levant les mains, il implora Dieu de lui venir en aide. Mais il ne reçut, là encore, aucune réponse.
Au bout d’un certain temps, il entendu un « Pssst » qui semblait venir de derrière le rocher. Quelques instants après, de nouveau « Pssst »…
« Qui va là ? » dit Adam « Est-ce vous Dieu, mon Père ? » … « Pssst »
« Hé ho ! »
Il vit doucement apparaître le serpent. Adam fut grandement surpris lorsqu’il l’aperçut. La première chose qui le marqua fut la splendeur de la peau du serpent. Il la trouva magnifique.
Le serpent s’approcha plus près de lui et lui dit : « Vous êtes désespéré, mon enfant ?
Mon enfant ? Est-ce vous, Dieu ?
Non, mon enfant, non. Je suis simplement quelqu’un qui te veut du bien… Pssst.
Vous m’en voyez navré, mais je n’ai pas le temps de discuter avec vous. Ma femme, que voici (il souleva légèrement Ève en la direction du serpent), est inerte.
Je le sais. Figurez-vous que je peux même vous aider.
Ah oui ? Et comment comptez-vous m’aider ? »
Le serpent s’approcha encore plus près d’Adam, tellement près qu’il n’avait maintenant besoin que de chuchoter pour se faire entendre. Il fixa Adam et lui dit : « Tout ce que vous avez à faire pour sauver votre femme est de goûter au fruit du savoir. Ainsi, vous aurez la connaissance pour réanimer votre chère épouse.
Mais, enfin, il m’est impossible de faire une telle chose. Dieu, notre Père, nous a strictement interdit d’y goûter.
Mon enfant, comprenez que Dieu vous a dit tout cela dans un contexte tout autre. Là, il s’agit d’une situation d’une urgence extrême. La vie de votre bien-aimée est en jeu. Il vous faut agir rapidement.
Mais comment puis-je être certain que je serai en mesure de la sauver ?
Vous ne le pouvez pas, vous devez me croire sur parole.
Mais… » Un long silence assourdissant s’ensuivit, on n’entendait que l’eau se déverser en contrebas et des chants d’oiseaux au loin.
Au bout d’un certain temps, Adam posa le corps rigide d’Ève à terre, il se leva brusquement et se dirigea tout droit vers l’arbre de la connaissance. Lorsqu’il fut arrivé, il tendit sa main pour attraper cette fameuse pomme de la connaissance. Il l’agrippa et la décrocha de l’arbre. Il la scruta un moment, puis la dirigea vers sa bouche et fit un croc vigoureux dedans.
A ce moment-là, plus rien. Un voile d’un noir intégral le saisit.
Il revint à lui au bout d’un certain temps. Il ne saurait absolument pas estimer le temps qui séparait son réveil du moment où il avait croqué dans la pomme. Il était profondément confus.
Il tenait une faux à la main. Les rayons du soleil lui brûlaient la nuque, il faisait une chaleur de bêtes. On entendait le chant des grillons en fond sonore. Il avait faim, il avait soif.
Il se retourna et aperçut Ève, au loin, sur le perron d’une vieille maison. Elle lui fit signe de la main et cria en sa direction : « Bon, tu te magnes, on ne va pas y passer la journée ! Il faut également que tu répares l’encadrement de la porte de l’entrée ! »… Bon Dieu, c’est donc ça, l’Enfer ?