Fantskihttps://fantski.wordpress.comJe suis Dmitri Fantski.
J'écris des histoires, mais en raconte le moins possible.
Juste un autre insomniaque marchant aux côtés des somnambules.
I am Dmitri Fantski.
I write stories, but tell as few as possible.
Just another insomniac walking beside sleepwalkers.
On naît tous avec lui, même s’il est dur d’apprendre à s’en servir. Il bat constamment, s’il s’arrête d’un coup, on en vient à mourir, Mais bat-il pour la bonne personne, t’es-tu déjà demandé ? Une telle question, est-ce que tu te l’es déjà posée ?
Il a beau battre à la chamade, déchirer ton petit thorax, Si tu n’y prends guère garde, tu vas finir grandement furax Parce que tu as laissé y pénétrer une femme vénale Qui t’a promis l’amour, un quotidien paisible et du sexe anal.
Aussi, n’imagines jamais qu’il ne s’agit que d’un simple muscle Qui ne fait que battre, que soulever lentement ton petit buste, Il faut le ménager, en prendre bien soin car on n’en a qu’un seul Si tu ne veux pas vêtir pour l’éternité un joli linceul.
Chaque homme veut conquérir le fragile cœur d’une femme à tout Prix, pour y déverser son amour et beaucoup de bonheur tabou Car il n’y a rien de plus beau que de rendre une personne heureuse, Sinon, on termine malheureux dans sa propre tombe qu’on creuse.
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » […] C’est seulement dans la Genèse 2, au verset 7 que les problèmes commencent à apparaître. Je cite : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. » Non, mais sans déconner, qu’est-ce qui lui a pris au bon Dieu de créer l’homme ?
Et comme les problèmes n’arrivent jamais seuls, ne voilà-t-il pas que Dieu décide de dupliquer son erreur : « L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » Bon, on peut comprendre que ce ne doit pas être joyeux-joyeux de se balader tout seul, tout nu au Jardin d’Eden, donc pourquoi ne pas lui créer de la compagnie. Dieu décida alors de créer les animaux.
Mais visiblement l’homme en voulait davantage. Aussi, Dieu décida-t-il de créer la femme : « L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. » Bon, faut dire que pour créer la femme, Dieu utilisa une côte prise à l’homme… En même temps, c’est logique, il a voulu faire un autre être, similaire au premier. Quoi de mieux alors que d’utiliser une partie de celui-ci pour en créer un second ?
Une fois l’alchimie divine effectuée, voici que la femme prit vie. Dieu la ramena vers l’homme. L’homme, que Dieu avait décidé d’appeler Adam, fut estomaqué à la vue de la femme. Elle s’approcha doucement d’Adam, tous deux le corps nu comme un ver, et lui dit d’une voix tendre : « Bonjour Monsieur. Auriez-vous l’amabilité de me dire ce que je fais ici ?
Bonjour Madame. Je me nomme Adam. Nous sommes ici au Paradis. Ce lieu porte le doux nom de Jardin d’Eden. Toutes les bonnes choses y sont réunies, nul mal existe en ce lieu.
Comment me nommé-je ?
Tu porteras le nom d’Ève et tu seras ma femme. D’une de mes côtes tu as été conçue. » Ève, l’air totalement abasourdi, fit « oui » de haut en bas avec la tête. Adam surenchérit : « Tout ceci est notre demeure. Nous sommes, ici, chez nous. Nous pouvons disposer de tout ce qui s’y trouve, ou presque. Le seul arbre qui nous est défendu est l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il nous est formellement interdit d’y toucher sous peine de mort. »
Ève regarda autour d’elle, puis dit : « L’immensité et la diversité de tout ce qui nous entoure fait que même si nous voulions goûter au fruit de chaque arbre nous entourant, il nous faudrait mille et une vies entières avant d’en arriver à l’arbre défendu.
En vérité… en vérité je te le dis, Ève, nous aurons bien d’autres choses à faire que de goûter au fruit de l’arbre défendu. » Le coquin vous dîtes-vous, n’y pensez même pas ! On vous a dit que les locataires du Jardin d’Eden étaient dénués de la connaissance du bien et du mal. Adam disait cela en toute innocence.
Le temps passait, les jours se ressemblaient les uns les autres. Une certaine routine, bien qu’agréable, commençait par s’installer. Mais n’allez pas imaginer une seule seconde que cette routine posait un quelconque problème à nos deux tourtereaux, loin de là. Seulement, l’engrenage dans lequel on se prend lorsque la routine s’installe entraine une baisse de la vigilance. Déjà qu’au Jardin d’Eden, on n’a rien à craindre, alors si en plus notre perception des choses est altérée par la routine, bonjour les dégâts.
Le dégât en question se matérialisa sous la forme d’un serpent. Il profita d’un instant où Ève se retrouva seule, à contempler l’horizon et à songer à la beauté de ce jardin, pour l’aborder. Il réussit à la convaincre, sans grande peine, à manger le fruit de l’arbre défendu par ces quelques mots : « Vous ne mourrez point, mais Dieu sait que, le jour où vous y goûterez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »
Elle entendit Adam l’appeler au loin, se retourna et s’aperçut soudain que le serpent s’était volatilisé. « J’arrive », cria-t-elle en direction d’Adam. Durant cette journée comme les autres en apparence, elle ne cessa de songer à ce que le serpent lui avait dit. Elle voulait en faire part à Adam, mais n’osait pas.
Durant les jours qui suivirent, elle s’arrêtait sans cesse devant l’arbre du fruit défendu et le contempla longuement. Elle ne parvenait pas à se décider d’en parler à Adam. C’est seulement au bout du 7ème jour qu’elle trouva le courage d’aborder le sujet avec lui.
Tous deux étaient assis sur un banc, à regarder deux papillons voler autour l’un de l’autre. Elle se lança : « Adam ?
Oui, ma chère Ève ?
Puis-je te poser une question qui me tourmente depuis une semaine maintenant ?
Naturellement. » Elle lui conta alors sa rencontre avec « un animal » (elle resta volontairement muette sur le fait qu’il s’agissait d’un serpent) et lui indiqua ce que ce dernier lui avait porté à sa connaissance. Elle débitait les mots comme une personne qui avait besoin d’avouer quelque chose.
À la fin de son récit, Adam resta bouche-bée quelques secondes. Il ne savait quoi répondre. Elle l’intima de dire quelque chose. « Écoute, Ève, je ne sais pas quoi te répondre… Mais sois bien consciente que toucher au fruit de l’arbre est la seule chose que Dieu, notre Père, nous ait défendu.
Je le sais bien. Mais, n’est-ce pas justement pour nous empêcher d’accéder à la connaissance ? Cette connaissance qui n’a aucune limite.
J’ignore ce que notre Père a voulu empêcher ou non. Je sais seulement qu’il vaut mieux lui obéir. Le contrarier est la dernière chose que je souhaite.
Mais… ne ressens-tu pas une certaine soif de connaissance ? Une certaine faim ? Et cette merveilleuse pomme peut assouvir cette soif et cette faim.
Bon, autant te le dire tout de suite, ma chère Ève, ce sera sans moi. Hors de question que cette pomme touche mes lèvres.
Mais enfin, Adam. Je t’en prie, ne sois pas aussi catégorique. Je ne te demande qu’une seule chose, c’est d’y réfléchir.
Pourquoi n’y goûtes-tu pas toi-même à cette pomme qui te promet une connaissance infinie ?
Évidemment que je vais y goûter. Seulement, je ne veux pas être seule à en disposer.
Ne compte pas sur moi, Ève.
De toute manière, Dieu, notre Père, n’en saura rien.
Non, Ève, c’est un non définitif. Rien, ni personne ne pourra me faire changer d’avis. »
Ainsi s’acheva leur discussion. Ève se sentait à la fois soulagée d’en avoir parlé à Adam, et à la fois écœurée qu’il n’adhère pas à son projet.
Adam, quant à lui, se sentait terriblement troublé. Cela avait réveillé en lui une curiosité folle vis-à-vis de ce fruit, de cette connaissance qu’il est censé refermer, mais et surtout, des conséquences que le fait d’y goûter pourrait avoir.
Les jours s’enchaînaient et se ressemblaient les uns les autres. Adam finit par oublier la discussion qu’il avait eu avec Ève au sujet du fruit défendu.
Un matin, alors qu’Adam était encore couché, Ève décida d’aller se promener près d’une cascade d’une eau pure et limpide. Elle se posa sur un rocher humide pour contempler l’horizon. La beauté de l’endroit, la beauté du moment était à couper le souffle.
Captivée par cette splendeur, elle ne prêta pas attention au serpent qui s’approchait lentement du rocher sur lequel elle était posée. Lorsqu’il fut à sa hauteur, il siffla, ce qui surpris grandement Ève. À tel point que celle-ci chuta dudit rocher et sa tête vint heurter le sol, quelques mètres plus bas. Elle perdit connaissance instantanément.
De son côté, Adam ouvrit à peine les yeux lorsqu’il remarqua qu’Ève n’était pas à ses côtés. Il l’appela à haute voix, par trois fois. Aucune réponse. Il commençait à s’inquiéter, car ce n’était nullement dans les habitudes d’Ève que de partir de si bonne heure. Il la chercha du regard autour de lui, mais ne vit rien.
Il se rappela alors la discussion qu’ils avaient eu jadis. Il fit immédiatement le lien entre sa disparition et la volonté d’Ève de goûter au fruit de la connaissance. Il en était sûr : elle ne pouvait être que près de l’arbre. En toute hâte, il se dirigea vers celui-ci.
Malgré sa grande précipitation, il aperçut tout de même le corps allongé et inerte d’Ève, en bas du rocher. Il enjamba les quelques mètres qui les séparaient en un rien de temps et, lorsqu’il fut à son niveau, il se pencha pour la prendre dans ses bras.
Il la secoua et cria son nom, mais en vain, Ève ne présentait pas le moindre signe de vie. Il posa sa tête sur sa poitrine, son cœur continuait de battre. Il fut légèrement soulagé.
Ne voyant aucune réaction de la part d’Ève à toutes ses tentatives, une certaine panique commençait à le gagner. Il ne savait que faire. Les larmes commencèrent à couler sur ses joues. Puis, il commença à sangloter bruyamment. Levant les mains, il implora Dieu de lui venir en aide. Mais il ne reçut, là encore, aucune réponse.
Au bout d’un certain temps, il entendu un « Pssst » qui semblait venir de derrière le rocher. Quelques instants après, de nouveau « Pssst »…
« Qui va là ? » dit Adam « Est-ce vous Dieu, mon Père ? » … « Pssst »
« Hé ho ! »
Il vit doucement apparaître le serpent. Adam fut grandement surpris lorsqu’il l’aperçut. La première chose qui le marqua fut la splendeur de la peau du serpent. Il la trouva magnifique.
Le serpent s’approcha plus près de lui et lui dit : « Vous êtes désespéré, mon enfant ?
Mon enfant ? Est-ce vous, Dieu ?
Non, mon enfant, non. Je suis simplement quelqu’un qui te veut du bien… Pssst.
Vous m’en voyez navré, mais je n’ai pas le temps de discuter avec vous. Ma femme, que voici (il souleva légèrement Ève en la direction du serpent), est inerte.
Je le sais. Figurez-vous que je peux même vous aider.
Ah oui ? Et comment comptez-vous m’aider ? »
Le serpent s’approcha encore plus près d’Adam, tellement près qu’il n’avait maintenant besoin que de chuchoter pour se faire entendre. Il fixa Adam et lui dit : « Tout ce que vous avez à faire pour sauver votre femme est de goûter au fruit du savoir. Ainsi, vous aurez la connaissance pour réanimer votre chère épouse.
Mais, enfin, il m’est impossible de faire une telle chose. Dieu, notre Père, nous a strictement interdit d’y goûter.
Mon enfant, comprenez que Dieu vous a dit tout cela dans un contexte tout autre. Là, il s’agit d’une situation d’une urgence extrême. La vie de votre bien-aimée est en jeu. Il vous faut agir rapidement.
Mais comment puis-je être certain que je serai en mesure de la sauver ?
Vous ne le pouvez pas, vous devez me croire sur parole.
Mais… » Un long silence assourdissant s’ensuivit, on n’entendait que l’eau se déverser en contrebas et des chants d’oiseaux au loin.
Au bout d’un certain temps, Adam posa le corps rigide d’Ève à terre, il se leva brusquement et se dirigea tout droit vers l’arbre de la connaissance. Lorsqu’il fut arrivé, il tendit sa main pour attraper cette fameuse pomme de la connaissance. Il l’agrippa et la décrocha de l’arbre. Il la scruta un moment, puis la dirigea vers sa bouche et fit un croc vigoureux dedans.
A ce moment-là, plus rien. Un voile d’un noir intégral le saisit.
Il revint à lui au bout d’un certain temps. Il ne saurait absolument pas estimer le temps qui séparait son réveil du moment où il avait croqué dans la pomme. Il était profondément confus.
Il tenait une faux à la main. Les rayons du soleil lui brûlaient la nuque, il faisait une chaleur de bêtes. On entendait le chant des grillons en fond sonore. Il avait faim, il avait soif.
Il se retourna et aperçut Ève, au loin, sur le perron d’une vieille maison. Elle lui fit signe de la main et cria en sa direction : « Bon, tu te magnes, on ne va pas y passer la journée ! Il faut également que tu répares l’encadrement de la porte de l’entrée ! »… Bon Dieu, c’est donc ça, l’Enfer ?
An 2000 et quelque… En cours de… je ne m’en souviens pas vraiment.
Écrire ? Coucher des mots sur du papier, presser les touches d’un clavier et voir s’afficher sur l’écran des lettres qui forment des mots qui, eux-mêmes, forment des phrases qui, elles-mêmes, forment des paragraphes qui, eux-mêmes, forment un chapitre etcétéra. Mais pourquoi fait-on cela ? Dans bien des cas, c’est tout simplement parce qu’on nous le demande. « Peux-tu me rédiger un compte-rendu de la réunion de ce matin ? » ou encore « Demain, vous aurez la dictée du Petit Chaperon Rouge. » Cela parle à tout le monde, car nous sommes tous confrontés à de telles situations dans nos vies. Mais au-delà de la contrainte, certaines personnes écrivent pour différentes raisons. Elles sont nombreuses ces raisons qui peuvent pousser un Homme à écrire.
Il y a d’abord celui qui écrit pour gagner sa vie. Rédacteur de blog, journaliste, écrivain à succès… écrivent pour se nourrir. Ils ont, en retour de leur création, une certaine rémunération. Il est de nombreux artistes qui fonctionnent ainsi : ils écrivent et mettent à disposition du public leur création, ils amassent une certaine somme d’argent, ils vivent dessus jusqu’au dernier centime, puis, ils recommencent de nouveau. John Fante faisait partie de ceux-là, il n’écrivait que lorsqu’il avait besoin d’argent.
Ensuite, il y a ceux qui écrivent pour purger leur conscience. Ils ont besoin de mettre en mots leurs pensées, leurs vagues à l’âme, leurs tourments, leurs maux. C’est comme si, par un tel procédé, ils expiaient tout cela. Cela peut faire un bien fou de coucher par écrit les circonstances d’un chagrin, d’une rupture brutale, d’une perte. Cela permet de prendre de la hauteur et un certain recul et de reconsidérer les choses.
Il y a également ceux qui écrivent par plaisir. Ils s’enivrent de bonheur de coucher des mots, de conter des situations ubuesques, de raconter des histoires à dormir debout. Ils s’amusent, d’abord eux-mêmes, et, si les choses sont bien faites et bien ficelées, ils amusent le lecteur qui se délecte de leurs récits, dévore leurs recueils et boit leurs mots à grandes gorgées.
Il y a aussi ceux qui écrivent pour la postérité. Ils écrivent pour laisser une trace, pour se construire un héritage qui traversera les années. Leurs enfants, leurs petits-enfants, mais pas seulement, pourront savourer leur œuvre. Ils n’écrivent pas forcément pour dépeindre leur vie, leur pensée ou leur caractère, ils s’adonnent plutôt au jeu de l’écriture pour montrer leur force, leur technicité et leur adresse face aux mots.
Enfin, il y a ceux qui écrivent par amour. Je fais partie de ces gens-là. Je n’écris pas pour vous transmettre quoi que ce soit, ni pour vous montrer à quel point ma vie est pathétique, encore moins pour gagner de l’argent. J’écris pour partager avec vous un petit moment. Il n’y a que ceux qui sont remplis d’amour qui partagent réellement tout ce qu’ils ont avec autrui. Ainsi, de tels auteurs vont coucher les pensées qu’ils ont sur du papier telles qu’elles sont, elles ne sont ni photoshopées, ni travesties ou encore moins déformées. Youssoupha chantait ainsi : « Par amour j’ai chanté mes frères, par amour j’ai changé quand même… » Lorsque l’on met une pincée d’amour dans n’importe quelle cuisine, le résultat en devient systématiquement plus délicieux. Pensez-y !
j’avais une situation plutôt convenable. j’étais plus heureux que la moyenne, du moins j’avais l’impression de l’être.
puis, lorsque les premiers problèmes ont commencé à faire leur apparition, ils ont eu la fâcheuse idée de se multiplier de façon exponentielle.
la tristesse a commencé à être une partie prenante majeure de ma vie, de mon quotidien. tout ce que j’essayais de faire pour palier cela était voué à l’échec.
ma chute fut quelque peu brutale et les branches auxquelles je tentais de m’accrocher cédaient sous le poids de mes problèmes.
ce qui est fascinant dans une telle situation, c’est qu’on se dit qu’à un moment donné, on va bien finir par toucher le fond. mais, on se trompe, c’est dans un gouffre sans fond qu’on chute.
lorsque la vie nous entraîne dans ses abîmes, il n’y a d’autre solution que de ne plus penser à la chute, mais de simplement accepter de se laisser tomber, de profiter du voyage dans les fosses de Marianne.
On naît, on grandit et une belle tête blonde Fait chavirer les cœurs d’une poignée de bombes. « Tu as de beaux yeux et une belle coupe, t’sais ? » Me disaient-elles lorsque j’avais du succès.
Les signes du temps n’épargnent vraiment personne, Qu’on soit roi, artiste, paysan ou même une bonne. A tout le monde, le même sort est réservé, Il ne sert à vraiment rien de tenter de lutter.
Il est vraiment impossible de duper le temps, On regarde vers le passé, on songe au futur Alors qu’il faudrait juste profiter du présent Avant que l’on ne devienne beaucoup trop mûr.
Le physique change et les souvenirs heureux restent, Les mauvais nous marquent à vie, on veut oublier En ayant cette impression de lâcher du lest. De votre bonheur, vous seuls êtes l’ouvrier.
On prend de l’âge et subitement on devient vieux. Il n’est pas possible de revenir en arrière, Ni avec de la magie, ni avec des prières. On ne peut que se souvenir des moments heureux.
Ils nous affaiblissent, ces jolis marqueurs du temps Des rides, de la fatigue, une santé qui flanche. On aimerait tant repartir d’une page blanche, Mais la vie nous offre uniquement des cheveux blancs.
J’étais au collège à cette époque. J’étais plutôt introverti puisque j’étais laid comme un pou. Il est vrai que cela n’a pas changé des masses depuis. Sandra était une belle blonde aux cheveux ondulés. Bon Dieu qu’elle me plaisait. J’éprouvais un amour incommensurable pour elle, mais, comme c’est souvent le cas, ce n’était nullement réciproque. Tant pis, il m’en fallait davantage pour me rebuter. Plus le temps passait, moins j’avais le courage de lui avouer mes sentiments. Mais, un jour, alors que j’avais fait une rédaction du tonnerre et que la professeure m’avait félicité devant toute la classe, je décidai que le soir venu, à la sortie, j’allais la mettre au courant de ce qu’il en était. Ainsi, lorsqu’à 16h30 notre liberté nous fut rendue, je m’empressai d’empaqueter mes affaires et de sortir parmi les premiers. Sandra était plutôt mollassonne. Elle sortait toujours parmi les derniers. Lorsqu’elle eut franchi le pas de la porte de la salle de classe, je me présentai devant elle avec le sourire d’un gagnant au loto : « Salut Sandra ! » que je lui balançai comme ça. « Kess tu veux Dmitri ?
Ecoute Sandra, y’a un truc que j’voulais te dire depuis pas mal de temps.
Quoi ça ? Qu’c’est pas toi qu’a rédigé le devoir que Madame Laurette nous a donné ? Haha.
Heu ? Non, c’est pas vraiment ça qu’j’voulais te dire.
Bah ! Vas-y, accouche alors, j’ai pas toute la nuit moi !
Bah écoute, je t’aime ! », que je lui dis. Puis, sans attendre une réaction de sa part, je décampai à toute allure. Le lendemain, avant d’arriver en classe, je m’étais fait des tas de films dans ma tête : que j’allais arriver dans la cour de récréation et qu’elle allait se mettre à genoux et me dire « Moi aussi je t’aime Dmitri ! » ; ou alors, que ses copines allaient me toiser du regard en disant tout bas « Elle a drôlement de la chance cette Sandra ! » Lorsque je me pointai donc dans la cour, ce qu’il se passa n’était pas vraiment ce à quoi je m’étais attendu. Sandra et ses copines me toisèrent effectivement du regard, mais lorsque je m’approchai d’elles, Sandra lâcha « Tiens, v’là Fantski, le comique ! » A la suite de quoi, je devins rouge comme une tomate et pris mes jambes à mon cou pour aller chialer dans les toilettes. Avec les années qui me séparent de cette histoire, je ne cesse de me dire que si Sandra avait accepté mes avances, je n’en serai pas là où je suis maintenant… triste, pauvre et avec une haine profonde envers la gente féminine.
Les flots du temps les a emportées au loin. Ô mes amours ! Où êtes-vous toutes passées ? Le temps d’une vie je vous ai attendues, mais vous êtes parties sans jamais vous retourner. Ô mes amours ! Comment vous portez-vous ? Êtes-vous heureuses ? Un paradis vous était promis, mais je n’ai pas su en prendre soin. Tout s’effrite sous l’effet du temps, tout s’estompe à chaque minute qui passe, tout se voile à chaque seconde… mais votre sourire reste de façon indélébile ancré dans mon hippocampe. Ô que ne donnerai-je pas pour pouvoir le voir une ultime fois.
Sans cesse je pense à tout ce qu’on n’a pas fait. Je pense à toutes ces joies que le temps a fauchées, je pense à toutes ces découvertes que nous aurions pu partager, je pense à toutes nos folies qui ont été mises en cages… Nous aurions pu être heureux ensembles, mais mon bonheur a pris une sortie différente, notre destination était pourtant identique au départ.
Ô mes amours ! Mon cœur pulsait pour vous tel un magnétar et vous l’avez laissé inerte. Ô mes amours ! à quel point vous aimais-je, le saviez-vous ? Sentiez-vous seulement tout cela ? Rien ne se perd, tout se transforme, mon amour n’a pas disparu, il a simplement changé de cible. Maintenant, mon havre de paix se résume à me balancer dans un rocking chair en lisant du Fyodor Mikhailovich Dostoevsky sur les airs de la Marche Funèbre de Chopin.
Nous allons, finalement, tous au même endroit. Il est dommage qu’on n’ait pas partagé plus de chemin ensembles. Mais rien de tout cela n’a de l’importance désormais. La vie continue et tempus edax rerum.
Il y a quelques années, j’ai commencé à regarder la série qui suscitait un certain engouement à l’époque. D’aucuns qualifiaient cette série comme « exceptionnelle », « fascinante » ou encore « excellente ». N’avalant pas facilement de telles couleuvres, j’ai fait ma petite recherche sur les internet et, en effet, les avis sont plutôt unanimes : cette série a l’air de mériter ses louanges. Je veux bien évidemment parler de Gomorra. Je me suis donc dit que je ne prenais pas un grand risque en commençant à la regarder, que j’allais vite accrocher et apprécier. Avant de continuer, je dois apporter une précision qui a toute son importance : à l’époque, à la suite des conseils d’un collègue, j’avais regardé d’une traite Sur écoute (The Wire en VO). Puis, j’ai tout de suite enchaîné sur Gomorra. Mais, hélas, quelle ne fut pas ma déception dès les premiers instants. Je n’avais pas du tout accroché et, fait relativement rare me concernant, surtout à l’époque, j’ai décidé d’arrêter le massacre au bout de trois ou quatre épisodes. Aujourd’hui, 2020, vivant dans un monde qui connaît une crise mondiale due au Covid-19, j’ai beaucoup de temps à consacrer aux séries et films. Vivant en Tchéquie, j’ai la chance de pouvoir disposer de HBO GO et l’application, bien qu’étant très moyenne au niveau technique, dispose de deux atouts : • L’excellente qualité des contenus proposé par HBO • Elle intègre les notations de IMDB Il y a également un top des séries suivant les notations IMDB. Et dans ce top, Gomorra est plutôt très bien noté. De surcroît, au détour d’un podcast, j’ai appris la sortie de Mille couleurs de Naples de Philippe Vilain. Tout ceci mis bout à bout a hautement éveillé ma curiosité. Et me suis-je dit : « Tiens, et si je donnais une nouvelle chance à Gomorra ».
Synopsis
La série est l’adaptation du livre du même nom sorti en 2006. Ce livre a été écrit par Roberto Saviano qui y connaît un rayon niveau mafia. Il est le père de nombreux articles dénonçant ce milieu. L’action se situe à Naples où on suit les petites querelles entre deux pontes de la Camorra (la mafia napolitaine en gros) : Don Pietro Savastano et Don Salvatore Conte. Le premier a une belle femme répondant au nom de Donna Imma et un fils, un peu kéké sur les bords, Gennaro. Don Pietro prenant de l’âge commencer à penser à sa succession qui doit revenir, en toute logique, à son fils. Mais, ce dernier n’étant pas vraiment prêt (c’est le moins que l’on puisse dire), il demande à l’un de ses fidèles soldats, Ciro Di Marzio, de prendre Gennaro sous son aile pour lui durcir un peu le cuir. Devant gérer sa petite guerre avec Conte, Don Pietro devient imprudent et finit par atterrir en prison. Cela précipite quelque peu sa succession…
Ce qu’il y a de bien
On va commencer par le bon côté de la série : l’ambiance qu’elle instaure dès les premières minutes du premier épisode. Une ambiance très sombre, très « grunge » qui colle parfaitement avec le générique. Cela vient, selon moi, de la volonté de Saviano de dépeindre ce milieu comme quelque chose de crasseux, d’inconfortable. On peut limite sentir le métal dans la bouche en voyant le générique. Saviano étant quelque peu expert en la matière, le monsieur sait de quoi il parle. Aussi, peut-on supposer que ce qui est dépeint dans la série sur la façon de fonctionner de la Comorra se rapproche peu ou prou de la réalité.
Ce qu’il y a de moins bien
La première chose qui saute aux yeux est le jeu pathétique des acteurs. Tout est tellement exagéré : leurs mimiques, leurs émotions, leurs costumes… Que ce soit Gennaro ou Ciro, l’un est le cliché parfait du kéké de base (mon seul étonnement étant de ne pas le voir roulé en véhicule tunning) et l’autre du parfait beau gosse rital, dur, fort (y a qu’à voir son surnom : l’immortel…). C’est vraiment trop, à tel point que cela frise avec le ridicule. Idem avec le coup de la Donna Imma qui se veut vipère, au regard perçant et noir. Cela ne fait pas naturel du tout. En appuyant trop sur ces aspects, le personnage devient limite risible, c’est très dommage. La scène entre Gennaro et elle, juste avant son départ au Honduras et où il lui annonce avoir rompu avec Noemi, m’a mis tellement mal à l’aise. C’est d’un pathos sans nom. Autre scène totalement ridicule est la roulette russe… Avait-on besoin d’en arriver là ? Pourquoi ? Ciro rencontre un grand mafieux russe (lui aussi : plus cliché, tu meurs) et devinez quoi ? Et bien, ils finissent par se faire une petite partie de roulette russe, parce qu’ils sont tous deux joueurs. Allons messieurs, un peu de dignité tout de même.
Il y a également un problème narratif : les événements sont très mal amenés. On sent bien la volonté de montrer les choses d’une certaine manière, mais on prend moins soin de savoir comment on les ficèle. Par exemple, dans l’épisode 7 où, après avoir menacé l’usurier, elle le fait tuer sur le toit de l’immeuble par l’un de ses sbires, aux côtés d’une des victimes… La mise en scène est catastrophique, mais elle n’est malheureusement pas isolée. Dans chacun des épisodes de la première saison on retrouve ce genre de scènes.
Dommage
C’est très rageant, car j’avais certaines attentes de cette série. J’ai mis ma première déception la concernant sur le compte de la transition quelque peu rude entre The Wire et cette série. En effet, il n’est pas facile d’apprécier une série à sa juste valeur après avoir vu un chef d’œuvre tel que The Wire. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu redonner sa chance à Gomorra. Mais, je dois me faire à l’idée que non, ce n’est pas pour moi…
j’avais dans les huit ou neuf ans et j’étais retourné en Roumanie pour rendre visite à ma famille qui était restée là-bas.
c’était l’été et il faisait une chaleur de bête, y compris la nuit.
la maison de mes grands-parents paternels était plutôt imposante et avait l’avantage de conserver une température décente à l’intérieur. c’était très agréable, car lorsqu’on entrait dedans, un voluptueux choc thermique nous envoutait.
comme j’avais veillé assez tard, mes parents me laissèrent dormir là-bas, chez les vieux.
mes grands-parents s’étaient essayés à l’apiculture, aussi avaient-ils des abeilles qui rodaient en permanence dans les parages.
j’étais terrifié par les abeilles parce que j’avais entendu dire qu’un homme était mort, car il s’était fait piqué par des abeilles.
mais je décidai de ne pas trop y penser. je parvins à m’endormir, mais fus réveillé en sursaut avec une terrible douleur au niveau de la voute plantaire. j’alarmai toute la maison en hurlant de douleur.
une abeille m’avait piqué à cet endroit précis. j’ai tout de suite pensé que j’allais mourir. je vis ma courte vie défiler devant moi : les fêtes que je n’avais pas faites, les petites copines que je n’avais pas eues, les voyages que je n’avais pas faits…
ma grand-mère vint me poser un torchon avec de l’eau froide et cela apaisa instantanément la douleur.
je me risquai à lui demander si j’allais mourir ou, encore pire, si j’allais perdre mon pied. elle ria à gorge déployée… j’avais compris, je me sentis ridicule… mais au moins, je n’étais pas mort.
Que la vie est douce lorsqu’on rencontre la bonne personne. On voit les choses sous un angle totalement différent, Nos corps nus s’entrechoquent et rendent heureux le firmament, Avant d’être parents, nous sommes tous de bestiaux amants. L’amour est une belle alchimie, n’est-ce pas mon cher Wilson ?
Une griffure, une morsure, on aime tous l’amour torride, Des va-et-vient, un rythme très irrégulier et incessant Le souffle coupé, la transpiration sur nos cous coulant, On résiste, on donne tout, on démontre tout notre talent, L’extase, cette belle croisière sur un astéroïde.